La Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal m’a embauché pour agir à titre de Chargé de cours, c’est-à-dire que j’enseignerai le cours Communication et organisation (COM1500G) à partir de cet automne, cours obligatoire (1) ou optionnel (1, 2 et 3) pour l’obtention de quatre certificats. Je viens à peine de signer mon contrat d’engagement que j’entreprends ici ma démarche introspective visant à documenter mon expérience d’enseignant à l’université. D’ici la rentrée scolaire de septembre, je me concentrerai sur deux aspects en particulier, la planification pédagogique et l’appropriation de ma fonction de chargé de cours.
J’aime bien l’idée d’enseigner à l’université. Pour le moment, je suis particulièrement impressionné par le dynamisme du syndicat auquel je deviens membre automatiquement. J’ai reçu leur formulaire d’adhésion trois jours avant mon contrat d’engagement… J’ai parcouru le site Web; je lirai attentivement le Guide des chargés de cours…
On m’a présenté mon mandat comme étant celui de «revamper» ce cours qui insistait particulièrement sur les «perspectives historique et multidimensionnelle de la communication organisationnelle». Ma première tâche sera évidemment de construire un plan de cours, incluant la description, les objectifs, la structure et le contenu du cours qui me permettra de rencontrer les étudiants le lundi soir de 19 h à 22 h pendant la durée des sessions d’automne et d’hiver. Je disposerai d’une plate-forme de formation (lien à venir) que je suis en train d’aménager et qui permettra au gens de mon réseau et à mes étudiants d’interagir sur la base des objectifs du cours. L’idée dominante, pour le moment, est de proposer aux étudiants de ce cours de former nous-mêmes une organisation en bonne et due forme. Nous serons une organisation apprenante!
Les deux pôles autour desquels tourneront le contenu sont «la communication» et «les organisations». Avant tout, il s’agit d’un cours de communication interne (organisationnelle). Autrement dit, pour comprendre les phénomènes de communication inhérents aux organisations, il faudra s’approprier autant ce qu’est communiquer (le processus de communication) que la compréhension du type d’organisation au sein duquel il est question d’évoluer. J’ai l’intention de proposer un cours dynamique, un contenu pertinent et une expérience pédagogique inusitée.
Comme c’est mon habitude depuis octobre 2002, ce carnet Web m’offrira l’occasion de partager et d’objectiver ma démarche. J’aurai besoin de toute l’aide qu’on voudra bien m’offrir!
En fin de spectacle, le leader de Karkwa l’a avoué… «On était pas mal rouillé»! Ça n’a pas empêché Louis-Jean Cormier et son band d’offrir aux spectateurs du Festival d’été de Québec une prestation de bonne qualité, mais, il faut le dire, en manque de rythme.
Les premières pièces ont montré un groupe énergique, prêt «à péter des cordes» au Parc de la Francophonie avec une belle montée en puissance jusqu’à Marie Tu pleures, «cette toune de Hippie» composée en France, peu de temps avant l’enregistrement du dernier album Les chemins de verre dans un vieux manoir du XIXe siècle, en banlieue de Paris. Une légère descente est ensuite survenue, atteignant un creux avec l’intervention de Elizabeth Powell du groupe Land of Talk invitée à interpréter une chanson qui ne me semblait aller avec le son du spectacle de Karkwa.
Heureusement, nous avons vécu une autre montée qui a atteint son paroxysme avec La façade et Les chemins de verre. Des percussions qui explosent la scène, une voix très chaude de Cormier et un Martin Lamontagne très présent à la basse ont fait de ce spectacle un événement à la hauteur d’un dernier jour de festival. Des bémols pour des éclairages qui parfois, prenaient toute la place (au détriment de la musique) et à un rappel qui n’était pas à la hauteur. Aucun moment de grâce avec Elvis Perkins arrivé de nulle part avec un groupe de musiciens que je n’avais pas le goût d’entendre à ce moment-ci de mon festival.
Ça ne m’a pas empêché de passer une très bonne soirée, enveloppé par du rock complexe de grand calibre où domine le son des cordes électriques. Il faut dire que j’aime Karkwa depuis l’album Les Tremblements s’immobilisent. J’aurais bien aimé entendre Le tour de l’Île extrait de l’album Hommage à Félix, mais j’imagine que le choix avait été fait de privilégier le «get together» avec les intervenants qui précédaient Karkwa plus tôt en soirée.
Le groupe s’offrira une tournée et revient à Québec en novembre, si j’ai bien compris. Ce sera probablement l’occasion de vérifier toute l’ampleur de la maturation d’un son qui n’a pas fini de nous étonner.
Mise à jour du lendemain: D’autres billets à propos de Karkwa et en prime, différentes perspectives en suivi de la performance du groupe au FEQ, sur ce blogue, [ Karkwa ] qu’on en dise. J’y ai aussi puisé cette entrevue d’avant spectacle…

Les chansons de Radio Radio racontent des histoires et le public présent ce soir connaissait tout autant les tournures des textes que l’essentiel de ce que chaque pièce voulait raconter. C’est comme si chacun avait étudié les textes, méthodiquement, pour décoder ce français «hot urban style» de la région de Moncton qui comprend à la fois du vieux français et des notes anglaises prononcées avec l’accent du coin. Un extrait de Cliché Hot, la pièce phare du premier album complet du groupe…
«J’veux point t’mettre sur le spot mais t’es cliché hot urban style trendfit yeash des femmes qui tricotent c’est rien que la neuve vieille fas comme un changement de nom 3 jours a la mode 4 jour etre sans so, écoute le son qui t’dit qu’t’es bon j’te dis qu’t’es bon c’est ca qui vend positively reinforcement pour les enfants oh jette nevermind le bos dit “non” le monde refuseront,le rejecteront le traduiront pis y fineront a l’enterrement yousse qu’ils l’acclameront et l’écouteront et s’diront combien c’qui l’aimiont ah ouais y’était great c’était mon favorite rénolutionaire,y faisait vreiment d’la suite reinque une fois qu’t’es gone que tu seras venu ton image a la mode meme ti qu’personne t’a vu.»
Accompagnés par deux percussionnistes du groupe Karkwa (Stéphane Bergeron et Julien Sagot), les trois joyeux lurons ont entonné plusieurs pièces de leurs deux derniers albums (dont Cliché Hot, Enfant spécial, Kenny G non-stop, 9 piece luggage set, Jacuzzi, Lève tes mains, Dekshoo et Cargué dans ma chaise) et se sont gardé du nouveau matériel pour leur rappel qui m’est apparu un peu long. Avec énergie, les MC ont gambadé sur la scène, même que Alexandre Arthur Bilodeau a risqué un court «body surf» qui a inspiré un intrépide hurluberlu à la fin du spectacle qui s’étirait; après être monté sur la scène cinq secondes, le jeune homme s’est littéralement lancé dans la foule qui n’a pas vraiment eu le temps de l’attraper.
Si les textes généreux en paroles ont une musicalité qui fascine, je dois admettre avoir été déçu de l’aspect musical du concert. L’ordinateur portable était sans doute l’instrument le plus sollicité ce soir; les séquences et les échantillons étaient légions… Je me suis imaginé être le seul présent ce soir à être agacé par cette musique enregistrée puisque l’atmosphère était survoltée. J’imagine que ce sont mes attentes qui étaient déplacées!
J’ai passé une belle soirée avec la bande de Radio Radio à danser, me laissant entraîner même, à trépigner le bras en l’air sur un Dekshoo endiablé de hey et de hoo. La chaleur aidant, chacun se sentait proche des Acadiens ce soir au rythme d’un son caractéristique qui commence à faire sa place dans un univers musical pourtant pas si facile à pénétrer. Radio Radio a un public qui le suivra dans bien des aventures parce que sa musique raconte des histoires qui habitent le corps de cette génération qui les écoute.
Will.i.am et les Black Eyed Peas ont bien aimé la foule du Festival d’été de Québec, s’il faut en croire ces vidéos tournées pendant la prestation du groupe. On y entend le rapper William James Adams, Jr (Will.i.am) constamment vanter Québec (dans la deuxième, en particulier). Les titres de manchettes sont assez éloquents:
Reste ce matin que plusieurs retiendront de la soirée d’hier que c’est «la fois où on s’est fait revirer de bord», les Plaines ayant été fermée sans que tous les laissez-passer vendus aient été honorés. Cette citation de Daniel Gélinas pourrait se retourner contre lui…
«Je préfère que le spectacle soit sold out et qu’il reste un peu de place sur le site que de voir le site rempli à pleine capacité et devoir refuser des gens qui ont payé»
J’étais de ceux qui ont été refoulés. Je n’étais pas frustré puisque je n’anticipais pas voir ce spectacle, n’étant pas «fans» du groupe. En tant que blogueur non-accrédité, c’est autre chose… J’étais curieux, bien sûr, puisque la joyeuse bande est à l’origine de la «toune la plus utilisée en lipdub ever». Nous avons laissé aller les jeunes se faufiler dans la foule de l’arrière-scène et nous sommes allés prendre un verre à l’Astral du Concorde regardant d’en haut la magnifique scène tout en percevant les «tarata-bouboum».
Voici donc une soirée dont plusieurs se souviendront, chacun pour des raisons différentes. Le Festival d’été de Québec - version 2010 - est une réussite sur plusieurs plans. Reste deux jours de spectacles et l’heure n’est pas encore au bilan… Je vis intensément chacune de ces soirées où je profite des choix musicaux de l’organisation du FEQ. Je ne serai pas de ceux qui vont blâmer la direction pour ce qui est arrivé hier. Comment prévoir le comportement de 150 000 acheteurs de laissez-passer? Comment aurions-nous réagi si Daniel Gélinas avait cessé la vente à 120 000 ?
À partir d’aujourd’hui, les Black Eyed Peas parleront de Québec en de bons termes…
Qui sait l’impact pouvant avoir toutes ces grandes formations musicales dans leurs réseaux?
N.B. Autres perspectives chez Burp et à venir chez Étolane…
J’attendais ce spectacle de Jill Barber avec envie. Moi et les six cents autres personnes qui s’étaient entassées à l’Impérial avons été gâtés par une artiste au charisme évident qui a une présence sur scène hors de l’ordinaire. Elle a puisé dans son répertoire riche de quatre disques, tout en privilégiant son dernier, Chances. Une pièce fort appréciée de Leonard Cohen - Dance me to the end of love - a aussi enflammé l’atmosphère en fin de concert qui s’est prolongé, avec trois rappels. Le public en redemandait encore…
En plus de cette magnifique prestation au Festival d’été de Québec 2010, j’ai eu droit en bonus à une rencontre d’après spectacle que j’avais négociée par l’entremise de Twitter (ma demande en deux temps, 1, 2 et sa réponse). C’est qu’en début de journée, j’étais pas mal intrigué de voir passer des gazouillis de cette artiste qui donne souvent dans le jazz des années 40 et 50; quel beau paradoxe!
Ma rencontre a eu lieu après la séance d’autographes qui a ponctué une soirée déjà très chargée pour Mme Barber. Il faut dire que pendant le spectacle, elle s’est offert un tour de salle, montant même sur une balustrade avec l’aide de votre humble serviteur qui craignait un peu pour la jeune dame d’une trentaine d’années. Elle semblait en confiance…
D’entrée de jeu, je lui ai demandé si «ses salles» étaient toujours aussi énergiques. Elle a eu vite fait de me dire que l’intensité du spectacle de ce soir était liée à la qualité de l’audience qu’elle a qualifiée de «outstanding». Jill Barber s’est efforcée de nous parler en français toute la soirée et le public lui a bien rendu sa gentillesse en l’ovationnant à plusieurs reprises. Elle semblait encore transportée au moment d’aborder le sujet motivant ma rencontre, l’utilisation des réseaux sociaux dans le contexte de sa carrière d’artiste.
Elle m’a d’abord indiqué sa préférence pour son canal Twitter qu’elle alimente par elle-même depuis un bon bout de temps (310 abonnements et 2,123 abonnés au moment d’écrire ce billet). Par rapport à Facebook, c’est la simplicité et la facilité d’établir le dialogue qui l’a séduite. «C’est normal que je ne puisse tout faire par moi-même et je remercie mon équipe de m’appuyer dans l’utilisation du Web, mais je me réserve Twitter parce que c’est le lien le plus direct que j’ai trouvé pour communiquer avec les gens». Elle répond parfois aux internautes qui l’interpellent, elle suit quelques centaines de comptes et à l’entendre parler de ce dispositif, j’ai bien l’impression que le meilleur est pour l’avenir. On comprendra qu’en ce qui me concerne, j’ai apprécié au plus haut point qu’elle me confirme l’entrevue, quelques minutes seulement après l’avoir contactée. Je me suis permis «d’immortabiliser» le fameux tweet de réponse avec «les moyens du bord», mon iPhone (désolé pour la qualité de la photo)…

Notre discussion s’est terminée au moment où elle me questionnait sur ma démarche pendant le présent Festival. J’ai pris le temps de lui expliquer le contexte, mais rapidement, on s’est remis à reparler de musique, de jazz et de concert, dont de sa dernière visite à Québec qui remontait à un passage au Palais Montcalm. Le retour pour l’Ontario étant prévu au matin, c’est avec ravissement que je l’ai remerciée de son temps et du magnifique concert qu’elle nous a offert.
Drôle de hasard aujourd’hui… je lisais ce billet de Guillaume Déziel, le gérant de Misteur Valaire («Misteur Valaire et le «Pay What You Want» : des résultats concrets»). Jill Barber a employé l’expression «direct to fan» dans notre conversation. J’étais loin de me douter que je rencontrerais en soirée une artiste de renom (un Junos «Artiste féminine de l’année 2007 au Canada) qui chemine en ce sens par son authenticité et une disponibilité certaine.
Inutile d’ajouter que cette rencontre (et le spectacle) fait partie de mes coups de coeur du Festival! Il ne me reste qu’à trouver des bonnes photos du concert de ce soir. Peut-être du côté de Pierre-Hugues Carmichael ?
Mise à jour du lendemain: Les photos sont en ligne sur Flickr; j’en ai profité pour en ajouter une au début de mon article… Aussi, sur Twitter, on peut en savoir davantage sur ce que pense Miss Barber de la foule présente lors de ce concert…
Elle avait l’air surprise en arrivant sur scène. De voir autant de monde ou d’être là, simplement… je ne sais trop. Reste que le spectacle d’Elisapie Isaac est différent de tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant au Festival d’été.
On nous promettait l’intégral de son album There Will Be Stars qui tourne pas mal depuis sa sortie en mai 2009. Mais j’avoue ne pas avoir écouté beaucoup. Ce soir, je suis parmi les spectateurs par curiosité. J’ai le goût de la voir. J’ai le goût de l’entendre. Elle vient de dire qu’elle pense beaucoup ce soir à Lhasa De Sela; elle a déjà fait la première partie d’un spectacle de celle qui est décédée dernièrement… Ce sera une soirée tout en douceur. En profondeur même.
Je m’arrête à une chanson. Les paroles sont de Richard Desjardins et la musique, de Pierre Lapointe. Ce soir, c’est Antoine Gratton qui est au piano pour Moi, Elsie. J’ai beau en écouter d’autres par après, celle-ci me reste en tête. Intense. Délicate. Grave.
Belle.
Les gars ici n’arrachent beaucoup.
Ils viennent au monde, c’est même banal,
avec une flèche plantée dans l’cou
et quand ils parlent, ca leurs fait mal.
Sont pris dans un capteur de songes.
À la Coop, vas donc savoir,
y achètent de la poudre à mensonge
puis partent à chasse aux idées noires.
Quand leurs fusils ont tout vidé,
ils prennent alors nos coeurs pour cibles.
Toi, tu m’as prise sans m’posséder.
On aime un homme quand il est libre.»
Trente Quarante et un an après son passage au jour #2 de Woodstock, le mexicain d’origine Carlos Santana a livré un message digne de la période hippie dont il est issu musicalement. Ce soir, au Festival d’été de Québec, il a affirmé aux milliers de personnes qui s’entassaient sur les Plaines que s’ils n’avaient qu’une chose à retenir de leur soirée, c’était qu’ils sont lumière et amour…
Aidé par sa guitare au son très caractéristique, le message a très bien passé. Dans un enchaînement musical qui se rapproche de celui de son concert donné à Pavilhão Atlântico, Lisbonne, Portugal le 25 mai dernier, le groupe d’une bonne dizaine de musiciens a fait danser les gens, conquis par le rythme latino de la musique de Santana.
Comme il l’avait fait à Chicago le 9 juillet dernier, il a mentionné s’être fiancé à Cindy Blackman (batteur dans le groupe, voir ces photos tirées du Québec Hebdo: 1, 2) après la quatrième pièce; s’en est suivi une séquence dans laquelle l’ex membre des groupes de Lenny Kravitz et de Cassandra Wilson s’est exécutée dans un furieux solo de batteries, très apprécié par les fans. Tout au long de la soirée, Santana s’est promené d’un musicien à l’autre, dirigeant la circulation entre les nombreux moments où le «lead guitar» a fait pleurer ses beaux instruments à cordes qui ont tous un look marbré dans différentes couleurs.
La foule (tout comme moi) a particulièrement apprécié, au milieu du concert, la combinaison Black magic woman et Oye como va, extraits de l’album culte Abraxas. La guitare est devenue encore plus langoureuse, tout comme les mimiques de Santana. Sublime passage…
Le spectacle avait commencé un bon quinze minutes plus tôt, profitant d’une accalmie dans une soirée qui s’annonçait pluvieuse. Preuve que la lumière et l’amour viennent à bout de tout, pour qui sait s’en faire des alliés…
N.B. En première partie, j’ai fait le choix du franco-ontarien Damien Robitaille et je n’ai pu tolérer plus de quatre chansons le côté racoleur qui semblait fonctionner avec l’auditoire composé de jeunes femmes dans la vingtaine qui formaient la majorité des gens rassemblés au Parc de la francophonie. Je vais me contenter d’écouter sa musique dorénavant, en effaçant de ma mémoire son costume rouge et sa démarche ringarde.
Mise à jour du lendemain: On me fait parvenir un lien menant à une vidéo du moment «Black magic woman», de l’angle où j’étais en plus… Wow !
Assister à un spectacle de Steve Hackett, c’est retrouver ce son de guitare qui est toujours aussi fluide depuis des années. En compagnie de cinq musiciens, le Parc de la Francophonie accueillait le spectacle de l’ex Genesis avec un salle comble venue renouer avec des airs connus. La soirée était belle et le band était en grande forme…
Débutant avec Everyday (album «Live Archive»), nous étions fixés sur le caractère du concert qui promettait plusieurs retours dans le passé; les gens étaient venus pour ça, de toute façon. La guitare langoureuse est au rendez-vous, les envolées électriques de Hackett sont précises et le son de tout le spectacle est impeccable. Je dirais que c’est au moment de Spectral Mornings (album du même nom) que la foule s’est vraiment animée, encouragée par une mélodie qui «parlait» à tout le monde. En enchaînant avec un extrait de l’album de Genesis «The Lamb Lies Down on Broadway» (Fly on a Windshield), le rythme était donné. Au total, Hackett et sa bande ont interprété trois pièces du groupe légendaire, dont en rappel, un Firth Of Fifth (album «Selling England by the Pound») vraiment bien senti. Hormis la voix de Gary O’Toole (qui n’avait rien à voir avec celle de Peter Gabriel), on se serait facilement cru avec Genesis…
Un baseman très présent (Nick Beggs) et quelques séquences où le saxophoniste (Rob Townsend) a fait monter d’un cran l’intensité du band… le reste de la soirée appartient à Steve Hackett qui terminait ce soir la portion canadienne de sa tournée qui le mène aux États-Unis avant un retour en Europe. Pour ceux qui ne connaissent ni le son, ni le personnage, l’écoute de cette entrevue enregistrée récemment à Ottawa sera bien utile.Je me disais bien qu’il fallait rester jusqu’à la fin de ce spectacle mettant en vedette le co-fondateur du groupe Supertramp (1969). Un peu avant d’interpréter le classique Fool’s Overture, Hodgson a reçu une ovation digne des grands pour le concert qu’il avait donné jusque-là, composé essentiellement de pièces que la foule connaissaient souvent par coeur. Personnellement, ce sont celles de son album Even in the Quietest Moments (1977) qui m’ont valu les émotions les plus fortes de la soirée. En début de concert, le Give a Little Bit introduit en français (comme pour plusieurs de ses chansons) a donné le ton. Ensuite, en milieu de spectacle Even in the Quietest Moments, la pièce #3 de l’album du même nom interprétée avec beaucoup de chaleur grâce à la magnifique voix du chanteur, ce soir. Et puis Fool’s Overture, qui sonnait comme au temps de mes dix-sept ans !
Je me souviens d’un album «live in Paris» où la voix nasillarde de Hodgson m’avait plutôt déplu. Ou était-ce le son de ce microsillon… je ne me souviens plus. Ce soir, tout cela était loin puisque la sono et la voix étaient sublimes, d’où j’étais, du moins. Avant d’entrer en scène, le musicien britannique de soixante ans nous avait twitté que nous étions plus de 60 000 entassés sur les Plaines et franchement, l’ambiance faisait croire que nous étions davantage. Plus tôt, Sylvain Cossette avait bien réchauffé l’atmosphère.
Bien entendu, certains ont pu préférer les extraits de Breakfast in America (le spectacle s’est ouvert avec Take the long way home) ou ceux du disque culte Crime of the Century et c’est très bien ainsi. La pièce School était attendue et n’est arrivée qu’au rappel. Je me suis ennuyé de la basse si prenante sur ce classique, mais absente ce soir, au profit par contre d’un excellent saxophone, tenu par Aaron MacDonald (si mes recherches sont exactes).
D’entrée de jeu, Roger Hodgson a clamé son amour pour Québec qui remonterait au temps où il venait avec Supertramp. On ne saura probablement jamais à quoi il pensait au moment où il essuyait quelques larmes pendant que les gens lui donnaient dans le «ohé-ohé-ohé-ohéééé», mais les spectateurs autour de moi étaient unanimes à dire que la générosité du chanteur les avait beaucoup touchés, incluant ces jeunes dans la vingtaine qui ont sûrement eu comme parents des amateurs de Hide in Your Shell ou de It’s Raining Again puisqu’ils chantaient à gorge déployée à ces moments.
Cette très belle soirée sur les Plaines m’aura permis de découvrir qu’en réentendant une mélodie, c’est étonnant toute les paroles dont on peut se souvenir, même trente ans après qu’elles aient imprégné le jeune cerveau du temps qui carburait à l’Heptade, à Genesis et à plusieurs autres groupes «progressifs». Tiens… justement, c’est Steve Hacket qui est au programme demain…
Je reviens à peine du spectacle de Jordan Officer qui m’a réellement mis dans l’ambiance du Festival d’été de Québec 2010. Je peux maintenant dire que mon Festival est commencé. Trois musiciens, un savant mélange de blues, de jazz et de country, Jordan Officier me disait une fois quitté «le stage» qu’il en était à son premier spectacle à titre de leader d’un band à son nom puisque dans un passé récent, il accompagnait Susie Arioli…
Je suis arrivé vers la fin d’un «premier set» qui laissait voir beaucoup de possibilités. Une place s’est libérée au-devant de la scène; de fait, j’avais les pieds dans les marches conduisant à l’estrade pour une deuxième partie très enjouée. Accompagné à la basse par un vieux complice, Stephen Barry, le guitariste et arrangeur montréalais nous en a mis plein la vue… et les oreilles. En arrivant à la maison, j’ai pu retracer cette vidéo d’une pièce qu’il a joué ce soir en compagnie des mêmes musiciens et c’est un plaisir que d’en garder ici la trace.La soirée s’est terminée comme dans tout bon «jam de jazz», avec un solo de percussion de Tony Albino (le batteur de Belle et Bum) qui, tout au long de la prestation, a bien soutenu le rythme du virtuose Officer et l’énergie de Stephen Barry, grand bonhomme impressionnant à la basse qui donne l’impression de dépasser mon âge. En sortant, bien des gens se pressaient pour faire l’achat du premier album solo de Jordan Officer. Le Pub St-Alexandre, reconnu pour ses «Single Malt», a vibré ce soir au son unique d’un «officer et d’un gentleman» !
Je me suis rendu aux Katacombes (bar coopérative membre du Quartier des spectacles) mercredi dernier, à Montréal. Je voulais participer à la première anti-conférence musiQCnumeriQC qui se tenait parallèlement aux Francofolies de Montréal et en marge des Rencontres de l’ADISQ. Je passe de plus en plus de temps avec des intervenants du milieu culturel et je voulais continuer de réfléchir avec certains d’entre eux sur ce beau sujet de la musique et de la business de la musique.
MusiQCnumeriQC voulait permettre «une rencontre entre les forces vives du Web musical québécois, les artistes et professionnels de cette industrie culturelle». Il a bien du passer deux cents personnes entre 14 h à 21 h. Par l’entremise de l’application [Facebook] Stage Yourself, plusieurs autres ont pu aussi joindre l’action à un moment ou un autre. Je passerai sous silence l’Expo Web, la projection d’un des ateliers officiels des Rencontres de l’ADISQ, «Conquérir la planète internet, un média social la fois» et le lancement de la plateforme Ecoutez.ca puisqu’aucune de ces trois activités n’ont vraiment captivé l’attention des gens présents, davantage préoccupés à réseauter et échanger. Je n’ai pas fait différent des autres…
J’ai eu de très bonnes conversations avec une étudiante du programme «Music business/management» du Berklee College of Music, avec Guillaume Déziel, le gérant de Misteur Valaire (quel beau site BuddyPress) et au contact d’un représentant de la SODEC; il ne faudrait pas que j’oublie Josée Plamondon, la vraie responsable de ma venue aux Katacombes ce mercredi. J’étais prêt vers 18 h pour le «plat de résistance» du «non-événement», une table ronde sur la musique qui se voulait prometteuse avec des participants de différents horizons.
Je retiens de la Table ronde (et de ma participation à musiQCnumeriQC) l’importance du concept du «Direct To Fan» (D2F) qui a été au centre de toutes les conversations, sauf peut-être chez ce représentant de je ne sais plus laquelle des associations d’auteurs qui est venu revendiquer une taxe pour les fournisseurs d’accès Internet au tout début des échanges. On ne peut pas dire que sa demande ait été appuyée par les gens présents au musiQCnumeriQC. Au contraire… il n’y a qu’à lire cet article de Virginie Berger, «Petit traité de bulshitting à l’usage des conférenciers» pour s’en convaincre. Pendant que mon copain Clément Laberge tente à bout de bras de protéger le rôle des libraires dans le nouvel écosystème du livre numérique (lire son billet «Le livre numérique, la poule et l’oeuf»), plusieurs intervenants en musique sont venu dire qu’il fallait plutôt considérer la musique enregistrée comme «un produit d’appel» et se concentrer sur la formation d’une communauté de fans autour de l’artiste. Je cite Virginie Berger:«En résumé, trouvez vos (vrais) fans, fidélisez les, donnez leur une raison d’acheter et à cette condition vous gagnerez de l’argent. De nombreux artistes, maintreams ou indépendants ont radicalement changé de modèle marketing pour utiliser principalement le marketing direct to fan avec succès. Parmi les plus connus, citons les exemples de Nine Inch Nails, Radiohead, Imogen Heap, Amanda Palmer, David Byrne, les Beastie Boys, Weezer, Jonah Matranga, Exsonvaldes ou Cyril Paulus pour la France… Cela peut sembler assez facile: l’artiste entre en contact avec ses fans, leur donne une raison d’acheter et monétise. Mais comment savoir qui sont ses fans? Comment rentrer en contact avec eux? Comment attirer leur attention quand il y a à peu près 6 millions d’artistes sur MySpace? Cela peut paraître simple pour NIN et Radiohead, qui ont bénéficié du soutien de leurs labels pendant des années, et qui possédaient un public déjà très important lorsqu’ils ont décidé de quitter leurs labels respectifs. Alors comment un artiste en développement, seul, peut émerger, attirer l’attention et gagner de l’argent? Est-ce que le marketing direct to fan n’est pas mieux adapté aux artistes établis ou réfugiés des majors ? En fait, cela est très simple si vous comprenez bien l’essentiel de ce modèle.» (source)
De l’étudiante de Berklee qui affirmait que «là-bas on vous dit que la dernière chose à faire est d’accepter de signer un contrat de disques», à l’homme derrière Misteur Valaire qui travaille en ce moment à construire la communauté et en passant par David Dufresne (le promoteur de Backfed)… un seul message: les pistes de solutions au «business» de la musique ne semblent pas se trouver en maintenant la chaîne actuelle des différents intervenants de l’industrie musicale. Virginie Berger:
«Et d’ailleurs, la musique a-t-elle réellement besoin d’être sauvée? Ne serait-ce pas l’industrie de la musique enregistrée qui veut être sauvée ? Et ne serait-ce pas cette tentative désespérée qui rendrait impossible toute évolution favorable pour les artistes et le consommateur ?» (source)
Je ne prétends pas résumer le contenu de l’activité musiQCnumeriQC; l’article du Devoir fera probablement un meilleur travail, en ce sens…
Mais une chose m’est apparue clairement. Le décalage est énorme entre l’ADISQ (et certaines autres associations) et la grande majorité des gens qui ont pris la parole à cette table ronde organisée par Alliance numérique. Les uns tentent de sauver ce qui reste du modèle actuel. Les autres sont ailleurs, en train d’inventer un autre modèle.
À suivre…
«Encore une fois, Bell a mis son expertise technologique au service du festival afin de créer un nouveau site mobile pour téléphones intelligents, permettant ainsi une recherche d’information optimisée et conviviale. De plus, en collaboration avec le Festival d’été de Québec, Bell est heureuse de présenter la toute nouvelle application iPhone du Festival. Celle-ci offrira une boîte à outils d’informations aux festivaliers ainsi qu’une toute nouvelle expérience de réalité augmentée. (…) “Nous sommes très heureux de pouvoir démontrer notre savoir-faire dans le domaine du web avec le génie créatif de l’équipe de Bell web solution et d’accompagner le Festival vers le succès. Notre équipe a travaillé à développer un site mobile qui permettra un accès rapide et pratique aux utilisateurs de téléphones intelligents” a annoncé Christian Goulet, vice-président adjoint, secteur public, responsable de la région de Québec, Bell Marchés affaires. “À notre expertise en matière technologique s’ajoute notre présence sur le site afin d’être la source d’information tout au long du festival” d’ajouter monsieur Goulet.»
Dans mon billet «bilan» d’hier, je laissais entendre que Bell est peut-être en train de devenir une sorte de «boulet aux pieds», pour la direction du Festival qui veut que «la prochaine phase d’expansion passe par le Web». Pendant la durée du festival, je me suis demandé pourquoi on avait abandonné l’initiative Twitter de l’an dernier. On m’a répondu que le «présentateur officiel» avait préféré investir dans une application iPhone cette année et que l’expérience de l’an dernier avait été mise de côté. Sachant que l’application en question avait été développée par Exact Modus, je suis allé poser quelques questions aux développeurs. Par exemple, sur le fait qu’on n’ait pas choisi d’intégrer la fonction du site qui permet de gérer notre horaire du Festival dans l’application iPhone; je me suis fait répondre que Bell était responsable des «limites» imposées au mandat, pas le FEQ.
Je ne doute pas que Bell ait déjà possédé une certaine «expertise technologique» qui pouvait faire en sorte que le FEQ ait pu tirer avantage du partenariat (en 2001, par exemple) jusqu’à maintenant. Mais dans la mesure où Bell «se contente» de financer des initiatives et qu’elle possède, en quelque sorte, la mainmise sur plusieurs décisions importantes (voire déterminantes) au niveau de la présence numérique, j’ose questionner l’utilité de maintenir une situation qui pourrait empêcher la progression du Festival d’été de Québec dans sa «prochaine phase d’expansion [qui] passe par le Web»?
Étant moi-même «dans la business» du Web, on pourra me rétorquer que je suis en parfait «conflit d’intérêts» avec ce billet. Je suis d’accord (disclosure: je suis actionnaire d’une entreprise qui pourrait avoir de très bonnes idées au sujet de la présence numérique du FEQ). Je n’ai jamais revendiqué ce qu’on appelle de l’objectivité comme blogueur et j’assume mes biais. Reste que je suis fatigué de me faire servir du «ouin, je sais, je comprends ce que tu veux dire, mais notre commanditaire Bell, il ne voit pas ça de cette façon». Et je ne parle pas que de cette année…
L’immense succès du Festival et son extraordinaire potentiel de développement n’impose-t-il pas une remise en question du rôle de Bell en tant «qu’expert technologique» omniscient?
On pourra douter de ce que j’avance dans ces prochains mots, mais c’est le blogueur qui s’exprime dans ce billet, bien davantage que l’actionnaire et «homme d’affaires». Et surtout… c’est celui qui aime par-dessus tout un festival qui offre tellement de beaux moments à partager!
J’ai confiance pour l’an prochain (et les années qui s’en viennent) que l’équipe de Daniel Gélinas saura manoeuvrer avec tact dans ce dossier et qui sait, Bell saura se montrer bon joueur. En agissant en bon partenaire, «au service du festival», l’entreprise pourrait même en sortir gagnante! Je ne connais pas les détails du partenariat et j’imagine que le FEQ sera reconnaissant à Bell pour «les facilités accordées dans le passé» (lien Internet ?, site Web exécuté à bas prix ou gratuitement ?, etc.), mais je maintiens que Bell doit devenir «un intervenant parmi d’autres» dans ce dossier de la présence numérique du Festival d’été de Québec.
Je me suis offert un réel plaisir tout au long de ces journées où j’ai blogué le Festival d’été de Québec 2010, le 43e de son histoire. Tout comme la direction du FEQ l’a fait aujourd’hui, je veux dresser un bilan de mon expérience du festival, histoire d’en garder la trace sur ce carnet Web, lieu où j’objective mes apprentissages et partage mes trouvailles.
Onze belles soirées de musique
Le Festival d’été de Québec, on s’y intéresse avant tout pour la musique. Et cette année, la programmation était à la hauteur. Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai blogué… je me suis présenté à ces concerts parce que je pensais y passer une belle soirée. À une exception près, mes souhaits ont été exaucés. Souvent, j’ai dû faire des choix douloureux, ce qui m’indique que la Direction de la programmation au FEQ a fait tout un travail. Je considère donc comme des rendez-vous manqués (je n’ai pu participer faute d’être allé ailleurs) les concerts du John Butler Trio, de Thievery Corporation, de Rafael Zaldivar et de Bernard Adamus. La barre est haute pour l’édition 2011 du Festival…
Quelques mentions
En rafale, des incontournables:
Un gros défi à relever
Dans cet article d’Isabelle Porter au Devoir, Daniel Gélinas affirme que «la prochaine phase d’expansion passera par le Web».
«U2 a fait une première expérience de show live sur YouTube cette année. Environ 3,2 millions de personnes l’ont regardé en direct et c’est monté jusqu’à 12 ou 13 millions après. On espère que c’est ce que les artistes vont nous demander.»Les gens du FEQ devront comprendre que pour réussir cette prochaine phase, la communication devra passer du «one to many» à «many to many», ce qui implique un changement de culture. La plupart des initiatives Web sont financées par le commanditaire Bell qui me semble avoir la main mise sur toutes les décisions qui touche ce secteur. Ce que Bell veut, le FEQ le veut… Ce ne sera pas facile de réussir une vraie progression avec comme principaux critères «faire plaisir à un de ses commanditaires» et «attendre que les artistes demandent à être diffusés sur YouTube». Relever le défi du Web au bénéfice d’une organisation culturelle, c’est comprendre des concepts comme la Longue Traîne et le direct to fan puis se doter d’un plan stratégique efficace qui tient compte de ses véritables besoins et du fonctionnement d’un Internet devenu plus participatif que jamais. Être à la direction du FEQ, je ne voudrais pas avoir Bell comme boulet aux pieds, dans ces circonstances!
Mise à jour du lendemain: Intéressant point de vue «from Toronto»: Ten Reasons Festival D’Ete Is Canada’s Coolest, Best Music Festival!
Le 28 octobre 2009, j’écrivais dans un billet portant sur le conformisme et les écoles qu’il fallait valoriser les comportements qui dénotent un sens de l’affirmation (dans le respect) et encourager l’expression de point de vue divergent. La culture dominante dans le milieu scolaire demeure celle de la ligne droite, de l’écoute souvent aveugle des directives, des rangs, de la conformité avec ce qu’on attend de toi… À ce moment, un enfant a tendance à obtenir les meilleures notes et il est mieux perçu par «le système» qui a souvent bien de la peine à composer avec la différence. Choisir un chemin de travers, c’est souvent payer un fort prix; celui du reproche ou de l’exclusion.
Le 7 juillet dernier, le journaliste indépendant Steve Proulx écrivait un billet que j’ai gardé sur mon écran quelques jours: «La cour d’école». Un extrait:«Mon jeune neveu m’a mis au parfum du dernier cri en matière d’insulte: ortho. Je vous explique: “être ortho” fait référence au fait de “fréquenter l’orthopédagogue” (pour des difficultés d’apprentissage). Dans l’esprit grossièrement formé de l’enfant, un ortho ou un idiot, c’est la même chose. Et c’est dans la cour d’école qu’on devient ortho. À la fréquenter quotidiennement, on apprend vite son code de conduite. Pour survivre dans la cour d’école, mieux vaut se fondre dans la masse. Le pouvoir appartient aux conformistes. Ceux-ci imposent leurs diktats. Il faut porter tels souliers, aimer tel sport, se coiffer de telle façon, écouter telle musique, se tenir avec telle gang, marcher de telle façon. Sinon, on est ortho. Ceux qui ne suivent pas le troupeau sont tassés dans le coin. Et les conformistes-dominants prennent un malin plaisir à les picosser. Dans cette micro-société, c’est en écrasant le plus faible qu’on marque des points de popularité.»
Plus loin, Proulx ajoute que «même adulte, on a toujours un pied dans la cour d’école». Prenant pour prétexte la récente décision de Alain Lefèvre de ne plus jouer du André Mathieu, le billet de Steve Proulx évoque le fait «les traumatismes de la cour d’école ne sont jamais bien loin». Dans l’article de La Presse où Lefèvre se raconte on peut y lire les propos suivants:
«L’atmosphère un peu troublante que je sens me rappelle celle de l’époque où, petit gars à Ville-Émard, je me faisais planter parce que j’étais différent des autres, ou que je ne correspondais pas au bon prototype, conclut-il. Au Québec, cette réalité est encore bien présente. Malheureusement.»
André Mathieu ne sera peut-être plus joué au Québec par Alain Lefèvre pour d’autres raisons que celles liées à l’existence d’une certaine culture du conformiste dont les racines viendraient de l’école. Mais j’aime à penser que commentaires au bas du billet de M. Proulx témoignent de l’existence d’un certain malaise de cette école qui érige en dogme «le moule».
N.B. On pourra lire ici, d’autres billets sur mon Festival d’été de Québec (édition 2010).
D’année en année au Festival d’été de Québec, on sent davantage la présence du numérique. Autant pour contrôler l’entrée des spectateurs sur les sites des spectacles que pour la promotion et le rayonnement du Festival, plusieurs technologies sont mises à profit.
Bracelet avec puce RFID intégrée
Le laissez-passer lumineux Hydro-Québec fait déjà la marque de commerce de l’événement de Québec depuis plusieurs années. Dans les spectacles présentés à l’extérieur, les artistes en ont plein la vue. Le bracelet avec puce RFID (Radio-Frequency Identification) intégrée, obligatoire pour avoir accès aux sites est nouveau de cette année. Pas étonnant que l’arrivée de cet outil de contrôle coïncide avec des ventes records qui font en sorte de certains spectacles sont présentés à guichets fermés.
Application iPhone
Développée par Exact Modus, «l’appli» pour iPhone, iPod Touch et iPad du Festival est disponible pour une première année. Le grand avantage de cette application est de pouvoir consulter la programmation et de vérifier l’endroit des prestations facilement. L’intégration avec Twitter est assez bien réussie, permettant de gazouiller à partir de la section d’un spectacle présélectionné, le «hashtag» #FEQmobile et celui de l’artiste s’ajoutent automatiquement à votre tweet. J’ai déploré au lendemain de mon premier essai le fait que le «hashtag» #FEQ (utilisé en dehors de l’appli) n’ait pas été privilégié, ce qui fait en sorte que vos tweets en provenance de l’application ne font pas partie du fil de discussion Twitter #FEQ. Comme il y a bien peu d’utilisateurs du #FEQmobile et que le fil #FEQ n’est pas encore une autoroute très fréquentée, il me semble que c’est prématuré de diviser ainsi la communauté des utilisateurs qui souhaitent échanger de cette façon. Si on tient absolument au canal mobile, on pourrait au moins en diminuer le nombre de caractères et ajouter le canal principal (ce qui donnerait #FEQ #FEQmob et le # du spectacle); chez Exact Modus, on m’a répondu que c’est ce qu’on envisageait «pour le futur». Autre détail… s’aurait été bien de pouvoir retrouver une passerelle vers la section du site Web «qui permet de gérer notre horaire du Festival». Du travail pour l’année prochaine. En attendant, on peut consulter cette vidéo présentant l’application…
Parlant de Twitter
On a mis de côté la pratique de l’année dernière qui consistait à publier certains gazouillis sur la marquise en haut de l’écran géant et sur certains panneaux d’affichage sur les sites du Festival. Je profiterai de ma présence au Tweetup Québec de cet après-midi (pendant les tests de son du spectacle de ce soir) pour poser quelques questions sur ce sujet. Je suis plutôt favorable avec le fait de ne pas reconduire cette initiative, mais je crois tout de même qu’on devrait afficher quelque part les contributions au canal #FEQ. Il me semble que Twitter peut faire beaucoup pour la promotion du Festival et le développement du sentiment d’appartenance. L’utilisation combinée du canal Twitter et de Facebook me paraît être heureuse d’un point de vue «communication». Par exemple, vendredi, il y a eu quelques heures de confusion sur la type de bouteille d’eau toléré sur les Plaines en lien avec l’auditoire «Métal» (Iron Maiden oblige) du soir. La discussion Facebook a permis à plusieurs de s’exprimer et un message Twitter a permis de ne pas voir «la baloune» gonfler pour rien. Bravo à ceux qui gèrent ces espaces d’échanges Web.
Les blogueurs officiels
Six blogueurs «officiels» contribuent généreusement à alimenter le blogue du Festival. Bonne idée. En préambule des billets de ma catégorie Festival d’été de Québec 2010, j’ai déjà commenté brièvement l’initiative. Il me semble qu’il aurait été préférable «d’accréditer» un plus grand nombre de blogueurs et de les laisser publier à même leur blogue pour profiter du lectorat (et des fils de nouvelles) de chacun. Quitte à agréger dans une section du blogue officiel certains billets ou tout le contenu… on tirerait de bien meilleurs résultats de cet investissement qui ne coûterait à peu près rien au Festival et qui rapporterait beaucoup!
Et j’en passe…
Ce billet est bien incomplet, car il y aurait davantage à écrire sur le lien entre le numérique et le Festival. La contribution de ZAP Québec, la technologie utilisée pour les spectacles eux-mêmes et bien d’autres éléments pourraient démontrer que l’édition 2010 est plus numérique que jamais. Mieux hier, moins que demain!
Mise à jour d’après Tweetup Québec: Vérification faite, les «blogueur officiels» publient également leur billets sur leur blogue personnel, ce qui fait en sorte que le FEQ bénéficie du lectorat habituel des blogueurs. Reste la limite de six qui semble être une contrainte liée au nombre d’accréditations dont disposait les responsables. Aussi, on m’a raconté que le choix de ne pas reconduire l’affichage des tweets venait du commanditaire Bell qui préférait «investir» dans d’autres initiatives. Enfin, la discussion avec le concepteur de l’appli iPhone du FEQ m’a permis d’en apprendre un peu plus sur le contexte entourant, en amont, le développement du dispositif. Je suis rassuré sur la qualité de l’écoute, mais il est évident que pour cette année, on devra vivre avec l’appli actuel. C’est un bon début, il faut l’écrire et le dire…
Mise à jour du 12 juillet: Sur le blogue «Blogosphère» de la famille «Branchez-vous», Josianne Massé reprend une partie de mon argumentation au sujet des «blogueurs officiels» et m’offre l’occasion (dans un commentaire en suivi du billet) de préciser ma pensée…
Soirée d’ouverture du Festival d’été de Québec en cette chaude soirée où on nous promettait un spectacle de chansons «qui risque de plaire aux nostalgiques et aux amoureux de la chanson française!» Je me suis plutôt retrouvé «figurant», d’un enregistrement d’un show de télé destiné à être diffusé à France 3, à TV5 Monde et sur les ondes de Télé-Québec le 16 juillet prochain à 21 h.
Pourtant, les responsables de la programmation du Festival savent que la question du contenu francophone dans l’édition de cette année fait beaucoup jaser. Cette soirée d’ouverture n’a pas obtenu une critique favorable et je suis sortie déçu de ma première soirée de musique.
Je me suis empressé d’intervenir lorsque les premières critiques ont dit que l’édition 2010 du Festival d’été serait atteint d’une «anglomanie croissante». Depuis 42 ans, l’événement phare en matière de musique sait se distinguer par un programme varié, axé à la fois sur la découverte de talents rares et les succès de foule. J’adhère totalement à l’explication de la nouvelle directrice de la programmation Dominique Goulet à l’effet qu’il est normal de fournir un contexte de salle adapté à chaque groupe. On imagine facilement la mauvaise idée que serait celle d’offrir «Les Plaines» à Catherine Major, pourtant un de nos fleurons québécois. Dans Le Devoir, sa prise de position est sans équivoque:“Or, c’est sur les Plaines que le casse-tête est le plus grand. Surtout si on veut y présenter des artistes francophones. Sur les onze têtes d’affiche des Plaines, seulement trois chanteront en français: le spectacle Les Chansons d’abord en ouverture, Lara Fabian le 10 et Gilles Vigneault le 14 juillet. «Je me souviens d’un dîner avec des amis où je leur avais dit: “Je vous offre 100 $ si vous trouvez un artiste francophone qui pourrait remplir les Plaines”». La question serait restée sans réponse et Mme Goulet a gardé son argent. «Il n’y en a pas beaucoup. Ce n’est pas parce qu’on n’en veut pas.» Ainsi, les succès de foule des dernières années sur les Plaines ont leur «contrepartie», ajoute-t-elle. «On a beau avoir une offre francophone intéressante sur les autres sites, les gens ne les voient pas parce que toute l’attention va aux Plaines.”
Le Festival d’été de Québec ne devait pas manquer cette réunion des artistes de la Francophonie en ouverture, mais c’est raté. Mes gazouillis de la soirée témoigne du manque de rythme, du peu de voix de certains artistes, de trop longs segments qui souvent ne mettaient pas en valeur la chanson d’expression française et surtout, du peu de cas que faisaient de nous sur les Plaines les deux animatrices de la soirée Daniela Lumbroso et Véronic Dicaire. Elles nous posaient des questions sans même faire semblant de s’intéresser à nos réponses, n’en avaient que pour leur placotage destiné à l’auditoire de France, le plus souvent méprisant pour nos expressions québécoises («pissant», «débarque», «poudrerie», etc.) qui étaient invoquées dans de mauvais contextes. Bref, Dicaire et Lumbroso animaient un show de télé et nous devenions les faire-valoir de l’émission.
Sinon, comment expliquer l’incursion des Têtes-à-claques qui n’avaient rien à faire sur les Plaines dans un spectacle supposé donner toute la place «aux chansons d’abord»?
Il y a bien eu quelques belles imitations de Mme Dicaire, un quatuor de femmes réussi sur l’air de Si j’étais un homme et la prestation de la troupe Haïti en scène. Dès le moment où un peu d’énergie gagnait les gens, on revenait avec un long dialogue «télévisuel» ou une entrevue inutile. Quelle belle idée s’aurait été de donner toute la place aux chansons!
Le Festival en a pour dix jours encore… J’aurai sûrement l’occasion de me reprendre avec Karkwa, Damien Robitaille ou Loco Locass, mais on n’a jamais une deuxième occasion de créer une première BONNE impression!
N.B. La version «blogueur officiel» offrant une autre perspective à ce spectacle peut être lue par ici…
On me pardonnera ce titre de billet emprunté à l’un des slogans publicitaires les plus populaires de mes jeunes années (le syndrome de la saucisse Hygrade). Aujourd’hui, on m’a questionné sur ma propension à publier sur ce blogue du contenu texte destiné à un support papier, avant tout. Dernièrement, pour À Bâbord et pour les Cahiers Pédagogiques, j’ai reproduit ici un article qui m’avait été commandé. On me demande si, ce faisant, «la mise en ligne gratuite qui entraîne de nombreuses consultations du site Web ne contribuerait pas à rendre inutile son acquisition dans le format papier faisant diminuer d’autant les ventes ?»
Je crois agir à l’inverse. À moyen terme, je pense qu’en agissant ainsi, je contribue à stimuler les ventes. Ce n’est sûrement pas inutile d’expliquer mon point de vue…
Il m’est d’abord venu à l’esprit les discussions qui ont entouré la sortie de Pourquoi bloguer en contexte d’affaires. Rapidement, chez Sylvain Carle, on a cité Cory Doctorow:«I’ve been giving away my books ever since my first novel came out, and boy has it ever made me a bunch of money.»
Dans les faits, quel est le rationnel derrière ce principe de penser mousser les ventes du format papier en permettant l’accès gratuit à la version numérique ?
Mon premier argument est celui du marketing Web. Le contenu circule, il est indexé par les moteurs de recherche, il est hyperlié par les réseaux sociaux et les sites Web ce qui lui assure un bon positionnement et il sert bien les intérêts du site par lequel on peut se procurer la version papier qui contient l’ensemble des contenus réunis sur un seul support. Chaque fois qu’un internaute fera une recherche avec un des mots-clés où ce contenu est mis en valeur, il y aura une forte probabilité que le site Web en question soit fréquenté par quelqu’un qui autrement n’aurait jamais entendu parler du document papier. Reste à voir comment ce site encourage et facilite l’achat du document papier. Indirectement, cette mise en marché du document atteindra des gens qui ne lisent pas sous le format numérique et qui, conséquemment, tenteront de se procurer le format papier.
C’est probablement ce qui explique que pour le livre Pourquoi bloguer en contexte d’affaires, nous enregistrons encore au moins une vente par semaine même si le livre date de l’automne 2007.
L’autre argument qui me paraît important à considérer est celui de la pénétration du contenu de l’article et de la confiance envers la qualité du document. Nous écrivons pour être lu, en premier. Combien de gens qui auront lu le document numérique auront le réflexe, après la lecture, de considérer que le message et les idées véhiculées méritent d’y revenir ? Ou mieux encore, combien de personnes en recommanderont l’achat à des personnes qui ne fréquentent pas le Web ? Si un certain pourcentage des lecteurs n’achète pas sur le court terme le document parce qu’ils peuvent en prendre connaissance par Internet, je suis prêt à parier sur la rentabilité de l’investissement, à moyen terme, par l’entremise de l’accès gratuit à du contenu de qualité qui saura persuader de sa valeur la masse des gens à qui il s’adresse, avec le temps.
Je me dois de préciser que je n’accepte plus de produire un travail pour lequel je cède mes droits d’auteur au point de ne pouvoir faire circuler le contenu par mes propres outils de publication. S’il peut arriver, en amont, que les responsables de la publication papier soient surpris de voir mon texte publié sur mon blogue, je suis toujours un peu étonné, me connaissant, que des gens s’imaginent sans m’avoir proposé aucune entente spécifique que je «me contente» de diffuser mes idées exclusivement par un support «traditionnel». Même dans le cas où on me rémunère, je considère que je rends service à la publication papier - payante - en laissant une trace via Mario tout de go du document qu’on peut se procurer.
Plus de gens lisent parce que ça circule par le numérique; plus de gens l’achètent en format papier parce que plus de gens lisent. Je conviens que ça reste à vérifier.
Pas que plus de gens lisent, ça, j’en suis certain.
Mais que ça soit plus payant pour ceux qui vendent, ça, je sais que ça reste à prouver. J’y crois… sur le moyen et long terme.
J’oublie des arguments ?
Merci de les ajouter…
J’ai lu ce dernier paragraphe du plus récent billet de Jean Dussault sur son carnet Web parce qu’un message de Miche Dumais (sur Twitter) a frappé mon attention. Il fait partie d’une longue séquence de gazouillis en commentaires de la Révision de l’ombudsman de Radio-Canada au sujet des propos de Michel C. Auger à l’émission Tout le monde en parle, le 9 mai 2010. Un extrait (qui est, de fait, la conclusion) du texte de Julie Miville-Dechêne:
«La direction de l’Information et Michel C. Auger ont reconnu que les propos en cause étaient inappropriés, et qu’ils pouvaient être perçus comme une remarque désobligeante. Le journaliste s’en est excusé auprès de la plaignante. Dire à la blague qu’il y a un « manque de contrôle de qualité » chez les politiciens au pouvoir s’apparente à de l’opinion sur une question controversée. Les Normes et pratiques journalistes de Radio-Canada n’ont donc pas été respectées.»
Les propos de Michel C. Auger et la position de Mme Miville-Dechêne ont été commentés sur le blogue de Patrick Lagacé, mais c’est sur Twitter que les échanges entre journalistes me paraissent être les plus intéressants…
Et s’adressant à Michel Dumais… Rémy ajoute: «Merci du lien. Cette dernière phrase fait réfléchir. La question posée, dans le cas Auger, c’est: quel est le rôle de chacun?
La discussion va probablement se poursuivre. Personnellement, j’aurais le goût d’ajouter qu’un journaliste qui choisit de ne rapporter que les faits offre quand même un «certain» traitement journalistique. Il privilégie quels faits ? Il tait, lesquels ? Quand il s’assure de rapporter «les deux côtés de la médaille (voire trois, dans certains cas), il fait preuve de rigueur, certes, mais au moment où il commence à expliquer ce qu’il voit/entend, quand il commence à faire de l’analyse… il s’approche de l’opinion, non ? Je dis bien «approche»… Avant tout, je crois (qu’on se comprenne bien, je ne suis pas journaliste), il veut être compris ce journaliste. Il souhaite «communiquer». Je me pose deux questions: Comment un journaliste peut-il vouloir vérifier s’il se fait comprendre s’il n’échange pas ? Jusqu’à quel point un journaliste fait-il un bon travail de communication s’il n’intervient pas quand le feedback qu’il reçoit lui fait croire qu’on ne l’a pas compris ? Jean Dussault écrit qu’il «ne croit pas que son métier consiste à débattre». «Ni avec les élu(e)s ni avec le public», ajoute-t-il. Je veux bien.
La frontière est mince, je trouve, entre un journaliste qui s’explique en échangeant et un autre qui s’engage dans un débat. Celui qui analyse doit débattre, il me semble. Celui qui rapporte (le plus objectivement possible) doit échanger, il me semble aussi. Est-ce que les journalistes qui font bien leur travail n’ont pas la responsabilité de lire/écouter les réactions et les commentaires qui sont consécutifs à l’exécution de leur travail pour ainsi le réguler et mieux communiquer ? Cela peut-il se faire sans échange ou sans débat ? Peut-être…
M. Dussault qui prend sa retraite avec la fin cette session parlementaire participe souvent à des tables ronde (aux «Coulisses du pouvoir», entre autres) et j’admire son travail. Je suis certain qu’il croit en la valeur des échanges, à tout le moins entre journalistes. Dans le contexte de ces échanges (entre journalistes) sur Twitter, je suis curieux de pousser un peu plus loin ma réflexion sur la valeur des débats/échanges avec le public et les élu(e)s pour un journaliste. La réflexion de M. Dussault ne me paraît pas clore le sujet. Pas plus que la révision de Julie Miville-Dechêne…
N.B. J’ajoute un texte que me réfère Jérôme Lussier par l’entremise de Twitter: «Je ne suis pas objectif. Et vous non plus.»
Mes trois spectacles sont choses du passé. Après avoir assisté à Belles-Soeurs et La montagne rouge (SANG), je «clôturais» hier mon festival avec l’expérience «Tragédies romaines», une pièce de six heures, en néerlandais, surtitré en français. Le Carrefour International de théâtre de Québec, lui, se termine le samedi 12 juin prochain.
Je voulais par ce billet noter qu’il me faudra récidiver l’an prochain avec l’achat du forfait Le Béguin, au minimum, voire peut-être me laisser tenter par L’Accro ou Le Foubrac (détails ici). J’ai vraiment aimé mon festival…
Épicure (du blogue «Burp & Épicure») a bien résumé mes états d’âme dans sa critique de la version «comédie musicale» des Belles-Soeurs de Michel Tremblay. Une première à Québec avec la présence de l’auteur, de Daniel Bélanger (musique) et de René-Richard Cyr (mise en scène, livret, paroles); il y avait beaucoup d’effervescence dans l’air ce soir pluvieux de mai. Ma conjointe et moi sommes sortis de la salle Albert-Rousseau avec un gros sourire accroché au visage qui s’est maintenu pour quelques jours. Pour ce qui est de la pièce de l’auteur Steve Gagnon, encore ici, je partage la critique d’Isabelle Guilbeault de Radio-Canada. Je serai sûrement présent pour la suite des choses puisque La montagne rouge (SANG) est le premier segment d’une trilogie à être présentée sur scène. Le jeu des deux acteurs est particulièrement efficace et on se surprend à découvrir tout ce qu’on peut faire avec une grande table et des chaises comme seuls élément de décor.
Tragédies Romaines devenait la pièce de résistance de mon expérience théâtrale de cette année avec la promesse de six heures de jeu où on s’amuse avec tous les codes inhérents aux arts de la scène. Les spectateurs peuvent s’asseoir sur le même plateau où évoluent les artistes pendant le spectacle; les spectateurs sont incités à commenter ce qu’ils voient par l’entremise de Twitter entre les nombreuses pauses (courtes, mais efficaces) et peuvent se sustenter aux extrémités de la scène en tout temps. Le dispositif scénique est complètement éclaté dans ce marathon de théâtre où l’excellente musique (deux musiciens «live» devant la scène) et les éclairages puissants n’ont d’égal que l’intensité des tirades qui nous transportent au temps de Jules César et de Cléopâtre. Bon… aucun costume datant d’avant Jésus-Christ, mais de l’action… beaucoup d’action. Ce passage du programme remis à l’entrée en témoigne:
«En s’emparant avec force et audace des personnages de Shakespeare, Ivo van Hove a souhaité décortiquer les mécanismes du pouvoir en faisant se rencontrer des discours politiques contrastés, énoncés par “des politiciens d’aujourd’hui, dans le monde d’aujourd’hui, avec des moyens de communication d’aujourd’hui”. Pour donner à entendre des échos du passé destinés à éclairer le présent et, espère-t-il, l’avenir.»
Et pour ceux qui en doutent… Le néerlandais, ça sonne très bien!
Cette semaine, j’anime une journée complète sur le thème de la rencontre entre la culture et l’éducation. Je me souviendrai des émotions qui jaillissent quand on est en présence de tant de beautés et que nos sens sont surpris par le doux mélange des mots, des sons et des images au bénéfices des grands sentiments de la vie humaine!