Voilà de bien grandes pointures qui s’escriment un brin sur le sujet de la gratuité du contenu journalistique devant ou non être offert par les journaux dans le futur. Le modèle d’affaires lié aux changements à prévoir dans les journaux imprimés fait l’objet de nombreux débats et c’est intéressant de lire deux personnes qui n’en font pas un combat personnel, mais qui ne voient pas la situation du même angle.
Anderson trouve que Gladwell «joue fessier» et pose la question à savoir pourquoi il se sent autant «menacé» par l’avènement d’une «culture du tout gratuit». Auparavant, Gladwell ironise sur le culte célébré de cette gratuité en quatre teintes réclamé à force d’arguments…
Gladwell: «There are four strands of argument here: a technological claim (digital infrastructure is effectively Free), a psychological claim (consumers love Free), a procedural claim (Free means never having to make a judgment), and a commercial claim (the market created by the technological Free and the psychological Free can make you a lot of money)».
Il y a un os, selon Gladwell, à tout le moins par l’exemple de YouTube qui ne parvient pas à faire faire plus de $ou$ à Google. «YouTube va engloutir près de la moitié d’un milliard de dollars cette année. Si c’étaient une banque, elle serait éligible aux capitaux des «Tarp funds» (un programme du gouvernement des États-Unis qui vise à acheter des créances douteuses des institutions financières afin de renforcer le secteur financier).
Anderson ne riposte pas vraiment sur ce passage, mais donne certains compléments de réponse à une question posée par Gladwell sur un secteur économique qui voudrait se réorganiser à partir de gens qui ne travailleraient pas contre rémunération. Sur ce, Anderson s’explique: non-plus “payer des gens pour écrire” mais “payer des gens pour trouver d’autres gens pour écrire”!
Anderson: «Somewhere down the chain, the incentives go from monetary to nonmonetary (attention, reputation, expression, etc).»
Simpliste? Il faut lire la logique du père de la «Long Tail» qui base son raisonnement sur un fait vécu…
Début d’un dialogue constructif ou parenthèse entre solitudes qui risquent de le demeurer? Curieusement ce soir, Pisani aborde le sujet sous un autre angle utilisant le prisme des événements en Iran, au Honduras et au moment de l’annonce du décès de Michael Jackson. «Les nouveaux médias et notamment ceux qui fonctionnent sur le modèle participatif du web 2.0 contribuent de manière utile à la circulation de l’information parce qu’ils sont plus rapides que les médias traditionnels et plus difficiles à contrôler». De ce point de vue, on trouvera des gens pour contribuer gratuitement, attirés par la notoriété, fut-elle bien éphémère, mais une structure éditoriale encore plus forte devra être mise en place pour contrer les biais et la manipulation. «Free content» risquerait d’apporter «cheap value» même si on finissait pas voir émerger un modèle d’affaires qui se tiendrait…
Si «Chris» a répondu à une question, parions que «Malcolm» n’a pas les réponses à toutes ses questions…
Un autre article sur le décrochage scolaire dans La Presse, ce matin, «Payer les élèves pour récompenser leurs efforts?». Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent en ce début de la période des vacances scolaires…
Je viens d’écouter La Tribune de Maisonneuve en Direct (animée par Jacques Beauchamp) et… on étire la sauce, sur ce sujet; malgré tout, quelques pistes sont discutées à partir de certains résultats issus d’un sondage Angus Reid mené les 4 et 5 juin 2009 auprès de 800 adultes québécois. En gros, quelques résultats (extrait de la lecture de l’article sur Cyberpresse):
En avril, j’avais écrit un billet relatant relatant une excellente entrevue de Mme Courchesne et annonçant une cible de «faire passer le taux de décrochage scolaire de 31% à 20% d’ici 2020». Tommy Chouinard de La Presse avait aussi écrit sur ce sujet et avait rapporté «qu’on visait mai 2009» pour une sortie du «plan d’action sur le décrochage scolaire» ministériel. Il ne me semble pas avoir vu cela passer…
Dans ces circonstances, les gens de tous les horizons continuent de proposer des solutions et, ma foi, c’est un peu normal. Cet après-midi, par l’entremise d’un gazouillis de Vincent Gautrais, je me suis mis en tête de produire mon propre sondage sur la question. Déjà, ce soir à 18 h 40, j’ai près de 40 réponses à la question «Quelles mesures doivent être envisagées pour contrer le décrochage scolaire au Québec?» Je donne le choix entre quatre réponses, dans les limites de ce que me permettait l’outil utilisé. Je me suis inspiré de ce qui circule dans l’actualité et de certaines de mes croyances…
J’invite les internautes passant par ici à aller choisir leur préférence et, par la suite, prendre connaissance des réponses, en pourcentage ou selon la provenance des répondants. D’autres solutions peuvent avantageusement surgir en utilisant les commentaires, ici ou par l’onglet en bas de page du sondage.
Si l’urgence d’agir fait l’unanimité, les solutions à envisager méritent un débat le plus large possible…
N.B. Je mets en référence la section du site ministériel, Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaires
«Retweeting can be understood both as a form of information diffusion and as a structure within which people can be part of a conversation»
«Entrer en conversation» est probablement ce qui est le plus difficile lorsqu’on s’initie aux blogues ou à Twitter. L’idée de «pousser du contenu» est facile à apprivoiser: on a une idée, un message… et on «broadcast» (cette idée d’émettre en unidirectionnel sans vouloir vraiment obtenir de feedback de ceux vers qui on envoie des messages). La valeur ajoutée de ces outils modernes de communication réside dans l’échange. Parce que l’échange, c’est la porte qui s’ouvre chez l’autre. On n’ouvre pas une porte en la défonçant; on frappe, doucement, et quelqu’un vient répondre, vient dire «je veux entendre ce que tu as à me dire». Il se peut qu’on ne puisse pas tout «passer», tel que prévu, mais au moins, étant convaincu que ce qu’on dira sera entendu, il y a de fortes possibilités que ça fasse plus de chemin. La conversation, ça peut aussi être de rapporter les paroles de quelqu’un qu’on a envie de faire sienne:
«Participants’ social and informational goals vary, and accordingly, so do their retweeting practices. Regardless of why users embrace retweeting, through broadcasting messages, they become part of a large, perhaps messy, conversation.»
Micro-conversations, plus souvent qu’autrement, on va s’entendre, l’utilisation des médias sociaux ne remplace pas le courant qui passe entre deux personnes, présentes, l’une en face de l’autre. Mais c’est loin d’être toujours possible. Voilà que le blogue et maintenant Twitter, viennent permettre, sous une autre forme, de favoriser le partage et de faire en sorte que les idées voyagent. À l’heure de la crise dans le domaine de l’information, c’est aussi les nouvelles qui se transmettent ainsi, de témoin à demandeurs. Si c’est parfois plus simple de pousser une nouvelle, réjouissons-nous du fait que par la conversation, on peut aussi développer un esprit critique et éviter que celui qui ne veut que diffuser, doivent aussi nuancer et répondre à certaines questions. Si les nouvelles technologies n’ont pas le monopole de la conversation, elles permettent d’entrevoir de nouveaux modes comme ceux que nous connaissons par les temps qui courent où «Le citoyen iranien,[est une des) seule[s] source[s] d’information!
Mise à jour du lendemain: Yann Leroux revient sur l’article cité en début de billet dans «L’art du RT»; à lire…
Ces chiffres proviennent d’une enquête réalisée en ligne pour le compte de L’association e-Enfance par IPSOS auprès d’un échantillon de 500 jeunes français âgés de 9 à 17 ans. J’ai extrait ces résultats du site «Informer autrement» (Christian Bensi) et de l’annexe du communiqué de presse (.pdf) de l’association e-Enfance. L’ensemble des résultats sont disponible par la cache de Google (merci Christian Bensi).
Un autre volet du communiqué de presse traite d’une étude, faite par l’entremise de Facebook en avril-mai 2009, auprès d’un échantillon de 2 670 enfants entre 13 et 18 ans. Voici quelques constats à tirer:
Ces résultats complètent ce billet, «Les ados… leurs usages des TIC» qui traite du comportement de jeunes des États-Unis, issu d’une enquête par Twitter de Danah Boyd. On pourra les comparer avec ceux de l’enquête Génération C dévoilés cet automne.
Mise à jour du 23 juin: La suite, plus réflexive, et parsemée de nombreux liens, chez Lyonel Kaufmann.
Joan se raconte doucement sur son blogue, depuis le 16 mai. Je trouve qu’elle apprend vite. Comme elle l’explique elle-même, elle a toujours écrit : «sur le service à vaisselle de ses poupées, dans ses livres d’école, sur des serviettes de papier au restaurant». L’envie de continuer d’écrire pour elle s’ajoute à un désir de soumettre sa prose à un lectorat varié et espérons… grandissant.
Ce soir elle vient à peine de publier «Les 16 ans de Fiston». C’est un coeur de mère qui s’exprime. On pourrait dire que «Ma boîte à plumes» est un blogue comme il y en a plusieurs, écrit par des mamans, mais non… Il y a une teinte particulière dans celui-ci que je ne parviens pas encore à qualifier.
Les filles vont aimer. Les gars aussi, mais différemment. Comme à cette occasion, d’un «Manque d’hormones».
Bien content d’avoir pu contribuer à la naissance de ce nouveau carnet Web…«De plus, tout le secteur des Plaines d’Abraham sera bientôt couvert par l’accès sans fil gratuit avec la collaboration de la Commission des champs de batailles nationaux. «C’était la demande la plus forte des internautes sur le site www.moijezap.org, indique Mario Asselin, porte-parole de l’organisation. Chiffres en main, nous avons pu convaincre les autorités fédérales d’ouvrir les accès à Internet sur ce territoire.»
J’aurais dû ajouter le rôle prépondérant de l’organisme «Les amis des plaines d’Abraham» dans ce branchement qui reste à être finalisé.
Fort de nos 20 000 comptes usagers différents (on y arrive presque), notre objectif de 200 Zones d’Accès Public est en voie d’être atteint. Tout le mérite revient à nos bénévoles et aux organismes qui nous supportent financièrement…
Vingt-quatre heures après la fin du Webcamp Québec, je suis encore épaté par l’énergie des participants. La formule BarCamp, évidemment, j’adore… Je savais que le meilleur ne pouvait qu’arriver en réunissant plus d’une centaine de trippeux Web dans un endroit qui sait recevoir ce genre de tribu (et d’autres, manifestement), animé par trois mousquetaires (ils étaient quatre) qui y ont mis tout leur coeur.
Twitter a occupé beaucoup de place pendant la journée et en amont. Le «backchannel» était affiché du début à la fin de l’activité par l’entremise de deux outils (1, 2) auxquels on avait «attaché» le mot-clé #webcamp. Simple, efficace et… un brin subversif, il faut le dire. Quelques vingt intervenants ont animé une discussion de dix minutes (incluant l’intro) avec en arrière plan, les réactions des internautes!
Je n’ai pas compté le nombre époustouflant de gazouillis, mais on s’est joyeusement fait aller… Avant d’offrir ici mon «top dix» de la journée (idée de mon voisin Antoine Auclair, si je me souviens bien), je voudrais souligner la participation d’une députée qui a passé en coup de vent, mais qui a «démontré une compréhension sentie de l’outil Twitter et de l’authenticité à y mettre» (source). Dans cette vidéo, à 5:00/5:44, on l’entend même dire que «la communauté Twitter peut sauver la liberté, dans certains endroits»; je venais d’évoquer le rôle de Twitter dans ce qui se passe en Iran ces derniers jours…
Mon top dix:
L’après WebCamp a offert de bien belles jases sous le soleil et de nombreux blogueurs ont poursuivi l’exercice dont Francis Bélime et Thierry Goulet; ce dernier appréciera ce gazouillis de 16 h 13. L’excellent résumé de Martin Comeau et le complément de présentation de Marc Blanchet sont aussi des documents incontournables pour qui veut approfondir, dans l’esprit de la rencontre.
Mes découvertes de la journée sont la communauté «À mort la malbouffe» et le projet «DakNet» (billet de Pisani ici) référé par Denis Lamontagne au dîner; le dg de Thot m’a aussi acheminé ces sites, 1, 2, 3 et 4.
Un gros merci au VETIC. Québec la ville a beaucoup rayonné ce mardi 16 juin!
Mise à jour du 19 juin: Éric Roberge fait le bilan «de son WebCamp», en évoquant la possibilité d’une suite… dans un an. À suivre…
Tout avait commencé en début d’année 2009 chez Roberto qui évoquait le souhaite de recevoir à Clair, en janvier 2010, la communauté des éducateurs s’intéressants aux moyens modernes d’apprendre et de faire apprendre. On a ouvert un wiki et assez rapidement, quelques participants potentiels se sont manifestés. Et puis… il y a eu du temps qui a passé, à se donner une organisation, à se concerter, à s’organiser. Et puis hier, ce billet de Roberto qui faisait suite à une réunion à distance de ce qu’on pourrait nommer «un comité aviseur», dont je fais partie.
Le signal du départ «officiel» est donné. On se rejoint au Nouveau-Brunswick les 28, 29 et 30 janvier prochain. Pourquoi?J’irais à la plage avec les gens qui s’annoncent et je trouverais le moyen d’avoir des échanges d’une grande qualité, j’en suis certain. J’imagine que dans cette école avec le voeu de voir l’éducation autrement… je peux difficilement manquer mon coup. Je nous convie donc à Clair en cette fin de janvier 2010, camarade d’Europe, des U.S. et de partout au Canada.
Ça me paraît important qu’au moins, on passe le mot que tout le monde est invité.
On trouvera bien le moyen, ensemble, de se monter une belle rencontre…
«Toutes les équipes pédagogiques le réclament. Nos enfants doivent apprendre à séparer le monde des loisirs de celui de l’école. Lorsqu’ils arrivent avec les copains dans une poche, les loisirs dans l’autre, quelle disponibilité d’esprit auront-ils en tête ? Les valeurs dont l’école a besoin pour que les élèves progressent sont à l’opposé de celles qu’ils acquièrent avec ces objets.»
Le téléphone portable est-il un de ces objets empreints de cet indomptable hédonisme dont plusieurs enseignants ne souffrent plus la présence? Cette question est plus complexe que celle de la séparation du monde des loisirs et de celui de l’école. Au travail par exemple, on admettra facilement que tout comme à l’école, on ait besoin d’un climat propice à l’effort intellectuel et à la concentration. Un milieu de travail qui s’apparente à un camp de vacances, plusieurs en rêvent (et ils sont adultes), mais chacun sait que pour être productif, il y a un minimum de distance à établir avec l’atmosphère du loisir. Au travail, la tâche à accomplir est souvent prescriptive et ne tolère bien peu la procrastination et la remise à plus tard. Alors qu’en matière de loisirs, «on fait ce qu’on veut» quand «on le veut» et pendant «le temps que ça nous plaît», le travail qui nous occupe exige beaucoup plus de rigueur et de renoncement. Sur ce point, l’école et le travail se rejoignent, il me semble…
Je sentais le besoin de comparer «milieu de travail» et «milieu scolaire», même si je sais qu’ils n’ont peut-être pas tout en commun. On peut au moins s’entendre sur le fait que ni l’un ni l’autre ne rassemble les caractéristiques de la société des loisirs?
On me voit venir j’imagine… penserait-on à bannir le téléphone portable de tous les milieux de travail? Si on ne peut pas répondre «non» pour tous les types d’emplois, il demeure que ce genre d’objet n’est pas étiqueté «loisir» à 100%. Je dirais même que pour plusieurs adultes, le moment du loisir commence au moment de l’éteindre au terme d’une journée de travail bien rempli… C’est sous ce regard recontextualisé que je nous invite à réfléchir sur l’utilité - ou non - du portable. Au commentaire #1 de ce billet, un enseignant me demandait «Que faire avec le cellulaire?» dans ce contexte d’encadrement des TIC et je n’ai que très peu de réponses à offrir. Spontanément, je lui ai fait parvenir par Twitter les coordonnées de ce billet de François Guité parce que je trouve qu’il a le mérite de regarder si le téléphone portable ne pourrait pas avoir plus de vertus éducatives qu’on ne pourrait le croire à première vue. Par contre, je suis assez certain d’une chose; dans une approche «top-down», plutôt magistrale, je ne vois pas en quoi un téléphone (même s’il peut parfois devenir un ordinateur) peut s’avérer utile, si ce n’est pour enregistrer celui qui parle. Il devient source de distractions plus souvent qu’autrement et c’est probablement pourquoi autant d’enseignants sont entrés en guerre contre cet objet hédoniste… il entre en compétition avec l’enseignant pour l’attention et trop souvent, il gagne!
On peut éliminer «la compétition», c’est un truc vieux comme le monde. Si le pourcentage de temps où on veut avoir 100% de l’attention de quelqu’un est élevé, le téléphone portable, comme bien d’autres dispositifs électroniques, est à proscrire. Comme tout ce qui cause du bruit dans la classe, ces objets représentent une distraction et je comprends bien qu’ils n’aient pas du tout à faire à l’école.
Si je suis totalement d’accord avec le fait de séparer le monde des loisirs et celui de l’école, je ne suis pas d’accord, à moyen terme, avec l’étiquette «objet du loisir» accolée au téléphone portable. Je regarde comment le «paradigme du iPhone» a introduit une toute autre vision à «l’objet téléphone» et je me dis qu’avec l’évolution des approches pédagogiques dans la diversité, sans monopole ni des «très ouvertes», ni des «très fermés», le téléphone portable a un avenir dans plusieurs écoles. Je connais plusieurs profs qui sont en train d’apprendre à composer avec eux, essayant de mieux gérer la fonction loisir de l’objet pour laisser la pleine mesure aux fonctions «travail». En apprentissage, au moment de faire des recherches, dans un monde mieux en mieux réseauté, il me paraît difficile d’exclure un des outils ayant le plus fort potentiel pour résoudre l’équation de l’accès à bas prix aux réseaux et à la communication à haut-débit. Et si le téléphone portable faisait davantage partie des solutions que des problèmes? Et si le crayon de demain qui est souvent l’ordinateur d’aujourd’hui pouvait aussi devenir source d’attention au travail bien fait plutôt que de ne représenter qu’occasions d’être dérangé inutilement?
N.B. Au moment de poster ce billet, un gazouillis de François Guité vient peut-être recadrer mon propos: «L’école est un appareil d’enseignement de masses; l’ordinateur, un appareil d’apprentissage personnel.»
J’avais le bonheur d’être présent pour une troisième année consécutive au Congrès de la Fédération des Comités de Parents du Québec qui, cette année, porte le thème «Nous, nos jeunes et les nouvelles technologies». Plusieurs des intervenants qui font partie de la grande famille de ceux qui croient aux TIC en tant que puissant levier pour les apprentissages y animaient des ateliers pour le bénéfice de plusieurs centaines de parents qui se rendent toujours en grand nombre à cet événement.
De mon côté, j’avais proposé une table-ronde qui porte le même titre que ce billet. Voici les quelques balises qui permettaient aux parents de s’y retrouver:«Depuis quelques années, on ne cesse de décrire le comportement des jeunes au contact des nouvelles technologies. Natifs du numérique, ils ont intégré, du lever au coucher, des attitudes qui nous interpellent tous. Des intervenants viendront décrire les contours d’un encadrement parental responsable.»
Ces «intervenants» ont fait l’unanimité, ce beau samedi matin à l’Université Laval:
Nous disposions de trois heures pour traiter de ce vaste sujet. Au terme de l’activité, nous nous sommes engagés à mettre à la disposition des parents les diapositives (16 Mo. en format .pdf) qu’Annie et moi avons utilisées.
De fait, il y a eu beaucoup d’échanges tout au long de l’atelier. Après avoir permis à chacun des intervenants un sorte de «déclaration d’ouverture», la conversation avec les participants s’est immédiatement engagée. Je dirais, au terme de l’activité, que la diversité des points de vue est probablement ce qui a le plus intéressé les gens présents. Le fait de pouvoir compter sur un panel expérimenté qui témoignait, littéralement, de son vécu au contact des TIC a fait de cette table-ronde un succès. Notre jeune entrepreneure a beaucoup défendu l’idée de construire efficacement son identité numérique à partir d’une présence affirmée sur les blogues et dans les réseaux-sociaux. Notre étudiant a surtout insisté sur la confiance à manifester envers les ados; «intéressez-vous à ce que vos enfants font à partir d’Internet et non par-dessus leurs épaules. Enfin, la maman-enseignante a, de son côté, bien situé les opportunités des TIC sans pour autant banaliser les quelques pièges des fréquentations Web de nos jeunes.
La table-ronde s’est terminée au moment d’identifier quelques sites Web souvent fréquentés par nos invités. Annie a parlé de ce site de partage au niveau des pratiques chez Apple Canada. Félix a vanté les mérites de tous les sites qui permettent aux jeunes de s’affirmer et de prendre la parole (facebook, Twitter, blogues, etc) et Isabelle est revenue sur les avantages de Facebook. Personnellement, j’ai mentionné Google, Wikipédia et aussi, cette nouvelle trousse «destinée à contrer la cyberintimidation».
Il n’est pas impossible que ce billet soit l’objet d’une mise à jour puisqu’une journaliste du Journal Le Soleil a passé la matinée avec nous. Aussi, j’aimerais bien pouvoir hyperlier vers d’autres présentations, comme celle-ci de François Guité qui animait un atelier sur les raisons qui peuvent expliquer qu’autant de jeunes s’intéressent à la publication Web en général et YouTube, en particulier.
Ah oui… J’oubliais… «Jusqu’où faut-il aller?» Au terme de cette avant-midi, j’aurais le goût de répondre par une formule connue pour les 14 à 18 ans, «non-ingérence/non-indifférence»! Il faut poser des questions, expérimenter avec les outils des jeunes et, pour les moins de quatorze ans, baliser plus sérieusement le temps passé devant l’ordi. Restreindre la fréquentation «en solitaire» et permettre autant de temps devant l’écran d’ordinateur (ou les consoles de jeu) que votre enfant en passe en train de bouger. Et puis… lui faire confiance. À l’école, se servir du code de vie (qui doit tenir compte des nouvelles réalités des jeunes). Plusieurs semblaient d’avis «qu’interdire» comme seule mesure éducative reste bien incomplet.
N.B. En suivi au colloque, il est paru quelques billets/articles dont je veux conserver la trace:
Le programme de l’événement des 11 et 12 juillet prochain prend doucement forme et ce matin, je me suis mis en tête de trouver l’angle avec lequel j’introduirais mon sujet, puisque je serai un des «speakers». Je sais que j’aurai à composer avec des développeurs, des designers et des utilisateurs de la plateforme de blogues la plus populaire au monde. Je sais aussi que la majorité des gens présents auront plus de facilité à comprendre l’anglais (que le français) et qu’ils sont issus de milieux plutôt éloignés du secteur de l’éducation. Qu’à cela ne tienne, je me dois d’adresser ma problématique de la façon suivante…
WordPress et l’éducation: c’est quoi le rapport?
Depuis une dizaine d’années, j’observe et j’interviens sur la question de l’utilité des nouvelles technologies dans le milieu scolaire. Quatre tendances occupent l’espace scolaire dans les milieux où il y a un certain désir d’intégrer les TIC aux apprentissages:
On comprendra qu’aucun milieu scolaire n’utilise qu’une seule de ces approches. D’ailleurs, d’ici peu, je pourrai publier mes observations sur les résultats d’une vaste enquête réalisée auprès d’élèves, d’enseignants, de parents d’élèves et de personnels d’encadrement et de vie scolaire qui touche principalement à deux de ces tendances. L’occasion de Ludovia 2009 sera aussi une bonne occasion de revenir sur le sujet.
La présentation du dispositif que nous avons aménagé pour le cours Projet Intégrateur de 5e secondaire au Québec s’inspire fortement de la tendance «publication Web et réseautage social». Voici comment tout cela s’articule, concrètement…
N.B.Le coeur de la présentation suivra dans un prochain billet. Pas impossible qu’apparaisse, aussi, sous l’hyperlien plus bas, une version anglaise de cette introduction. Évidemment, à l’oral, ce sera plus court que ce que laisse entendre ce billet…
Bon… ça c’est la définition «Chef d’orchestre en Rayonnement Web» (SEO, SEM) d’un concept qui me paraît intéressant, celui de «pollinisation Web». Éric parle dans son gazouillis de «pollenisation», mais je crois qu’il veut dire «pollinisation». Enfin, je ne veux pas partir de débat sur une lettre avec mon collègue; son idée est trop brillante pour s’enfarger dans les fleurs du tapis orthographique. C’est probablement une faute de frappe de toute façon…
Voici, de mon point de vue de «catalyseur de communauté d’apprentissage» (tant qu’à être dans les nouveaux titres liés au Web et aux TIC), comment on devrait caractériser ce concept de «pollinisation Web»:
«Farweb»: disons… une allusion au Far West américain où régnait (semble-t-il) un désordre certain, une lutte à finir entre des bons et des méchants, où on cherchait la victoire du progrès sur les ténèbres; appliqué au Web, c’est l’apothéose de l’internaute qui tente de lutter dans un monde numérique où sévissent les forces brutes du Web.
«Chaordre»: disons… une contraction de deux mots, «chaos» et «ordre». Pourrait-on dire, une sorte de pensée «socio-hypertextuelle», à la fois confuse et organisée?
Je suis à la maison, à Québec ce soir, au terme de cette fin de semaine, mais j’avais un peu beaucoup la tête à Washington DC où débutait la trentième édition de l’événement National Educational Computing Conference. Non seulement plusieurs «Edubloggers» que je côtoie en ligne et à l’occasion de tels rassemblements s’y trouvaient, mais le premier des Keynotes était Malcolm Gladwell que j’ai eu l’honneur d’interviewer à Montréal en décembre dernier. Si je me fie au «Live Blogging» et au compte-rendu officiel, il n’y avait rien de nouveau ce soir sous le soleil du Walter E. Washington Convention Center. J’espère que le Keynote de fermeture (Erin Gruwell y est en vedette) me réservera davantage de surprises…
Je me suis plutôt retourné vers la couverture de Philippe Le Roux des événements au Honduras. Sur Twitter, Philippe a attiré mon attention sur une prétendue lettre de démission du président déchu. Il y avait beaucoup plus d’actions sur ce canal que sur l’autre, à mon avis.
J’étais à la maison, de retour d’une fin de semaine de camping, en nature. Ces quelques minutes passées «en retrouvailles» avec mon ordinateur m’ont encore fait réaliser toute la chance qu’on a de pouvoir voyager autant, tout en ayant les deux pieds dans la maison…
vs 
J’ai beaucoup apprécié le geste citoyen de Félix qui me propose par Twitter (comme à plusieurs autres de son réseau), de porter «le symbole d’un engagement politique» en faveur d’un des candidats soutenus par les réformateurs en Iran, Mir Hossein Moussavi (source). Cette proposition (tout comme celle-ci) témoigne d’un désir légitime de rallier un maximum de gens autour d’une cause par un geste simple qui attire l’attention. Et ça semble fonctionner; il y a une telle «marée verte sur Twitter»… Peut-être cette mobilisation sert davantage à mobiliser les gens «hors-Iran» dans une vision «occidentale» des événements? Peut-être les Iraniens se sentent-ils appuyés par ce geste? Je ne sais pas trop quoi penser…
Plus tôt cette semaine, avant même d’avoir été contacté par Félix, j’avais écrit sur Facebook que «j’aime bien les Iraniens et les partisans de Moussavi, mais [que] je ne comprends pas trop ce que le mouvement de se verdir par solidarité vient ajouter au fait qu’on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé avec le vote en Iran. À l’évidence, tout n’est pas «réglo», mais bon…»
Dès le début du déchaînement sur Twitter (mesuré par l’achalandage sur cette page), je me suis senti interpellé par les évidences de manipulation ou de fraude électorale. En même temps, il est manifeste qu’un seul côté de médaille est démontré sur ce canal. Il y a une telle unanimité contre le gouvernement sous ce «hashtag» (#iranelection) que s’en est gênant…
Le temps a passé et plusieurs articles ont tenté de faire davantage la part des choses:
Je vais chez «The Daily Dish» à chaque jour. Je suis conscient que certains Iraniens s’expriment en risquant leur vie (via Clément). J’aime bien ce que rapporte Andrew Sullivan: «Mousavi is not a radical; he’s a moderate establishment type. This is Gorbachev not Yeltsin». Et pourtant, quelque chose de fort me retient de passer au vert. Est-ce l’idée que je n’ai pas à prendre position à la place des Iraniens? Est-ce le fait que trop peu d’information sur l’autre côté de la médaille me parvient? Je ne sais pas. Pourtant, les positions d’Ahmadinejad sur l’Holocauste (selon lui, ça n’a jamais vraiment eu lieu) font en sorte que je devrais vouloir me ranger derrière n’importe quel leader qui veut le renverser… Suis-je rendu si méfiant envers la propagande que même au moment d’appuyer ce qui me paraît être un bon geste, je ne me convaincs pas de passer à l’acte?
Pour le moment, je ne passe pas au vert. Je ne juge pas les gens qui changent dans ce sens leur avatar dans les réseaux sociaux, mais je me dis qu’en restant «au naturel», je risque peut-être de pouvoir diffuser des infos plus neutres (ou pro gouvernement iranien) sans être en contradiction avec le vert.
Je sympathise grandement avec tous ceux qui se battent là-bas pour que l’information circule librement, quelque soit leur opinion, dans le respect des droits de chacun et du contexte culturel (que je comprends être islamique modérée, à tout le moins) qui fait en sorte qu’au lendemain de la fin des manifestions, l’Iran sera encore une République islamique, si j’ai bien compris.
Une chose est certaine pour moi: je n’aime pas du tout cette idée du triomphe de la Twitter-Réalité; trop facile comme constat. C’est probablement assez pour me motiver à demeurer sans peinture verte par-dessus mon visage!
N.B. Claude Malaison a entrepris d’analyser la «saga Twitter» dans le contexte des événements récents en Iran, «son influence grandissante dans le monde» et «ses dérives»; le premier de ses billets vient de paraître.
Je sais depuis longtemps que l’animation de communautés me passionne. Du jour où j’ai présidé l’association étudiante de mon département à l’université, en passant par les écoles où j’ai travaillé jusqu’à aujourd’hui, j’ai cherché à développer mes aptitudes d’animateur de communautés. D’abord, j’ai pris conscience de l’existence des communautés. Un groupe, une équipe ou des membres d’un réseau ne forment pas nécessairement une communauté. Ensuite, j’ai appris à mieux comprendre les rôles qui en favorisent l’émergence et je «me suis essayé» dans plusieurs d’entre eux. Dans la dernière école que je dirigeais, je me suis employé à développer ma fonction de directeur d’école sous l’harmonique d’animateur de communauté. L’école devait devenir une communauté d’apprentissage que je me disais et je devais faciliter ce passage par l’utilisation des outils les plus performants possible au service des apprentissages. Depuis, j’apprends à temps plein à l’intérieur du cadre d’une entreprise par plusieurs des mandats qui nous sont confiés. Nous intervenons auprès de plusieurs communautés…
Cette semaine, j’ai vécu l’immense privilège d’un lancement officiel d’un outil Web qui permettra à un organisme (le Conseil québécois des ressources humaines en culture (CQRHC) de cheminer davantage sous le mode «communautaire». Je suis activement engagé dans des groupes/réseaux de personnes qui souhaitent installer une dynamique du type «communauté» et j’ai la prétention de penser que je suis en mesure d’apporter une contribution substantielle à ces projets. Le nombre de mandats dans lequel «j’anime des communautés» ne cesse d’augmenter et les ressources sur lesquelles je peux m’appuyer vont dans le même sens. C’est heureux. Déjà qu’avec BuddyPress, nous disposons d’un super outil…
Cette semaine par exemple, j’ai participé au TikiFest à Québec. Si on ne parle ici d’un rassemblement «grand public», les conversations avec Marc Laporte et Martin Comeau m’ont permis d’apprendre beaucoup sur TikiWiki et sur son potentiel en tant qu’outil au service des communautés. La semaine dernière, c’était au tour de Elgg de m’épater. Tout comme pour TikiWiki que nous avons appris à utiliser dans le contexte de mandats (intranet, FQDE), c’est pour la mise sur pied du groupe les Relevailles que «j’ai revisité» à l’aide de Martin Comeau les fondements de cet autre levier pour les communautés. Ce matin, je me suis donc intéressé de plus près au ElggCamp Paris qui rassemble plusieurs intervenants de mon réseau. Les notes de François Duport et de Florian Daniel m’ont été utiles pour rendre compte de ce qui s’y passait. Sur Twitter, quelques échanges ont aussi pimenté l’événement. Un gazouillis de Romain Trillard m’a d’ailleurs mené à un article de Wikipédia sur le concept d’acteur-réseau qui précise le rôle que pourrait jouer la controverse. Intéressant…«C’est par la controverse que s’élaborent les faits. En effet, la controverse précède toujours l’émergence d’un énoncé scientifique et d’une innovation. En l’étudiant de plus près, on peut donc relier les étapes et les acteurs qui entrent dans le processus qui permet au fait de se construire. En choisissant de se pencher sur les conditions sociales ayant permis au fait de se stabiliser, Latour et Callon renversent l’ordre de la compréhension. Si le fait se stabilise, ce n’est pas du fait de l’état de la nature, mais à cause de l’accord (consensus) sur le fait.»
Plusieurs autres événements de type BarCamp sont prévus pour les prochains jours et me permettront à la fois d’objectiver le chemin parcouru au niveau animation de communautés et d’apprendre au contact des autres participants. Mardi qui vient, le WebCamp Québec rassemblera plus d’une centaine d’intervenants et dans la deuxième fin de semaine de juillet, ce sera à Montréal, au WordCamp que nous retrouverons.
Par l’entremise de Bruno Boutot, je suis tombé cette semaine sur un article qui tente de mieux préciser «ce qui caractérise le gestionnaire de communautés» et ce passage m’a beaucoup frappé:
«So there are patterns we can identify - if not always explicit metrics. A community manager:My question is not completely answered - still working out in my mind how I might identify the customer support manager who is a community manager vs. one who is not. Like many things in life, I know it when I see it but I can’t quite put words to everything. Characteristics I would add but have a hard time finding fact-based items to use as identifiers are:
- Manages the interface between two communities/groups/networks (in effect be a translator)
- Participates in the conversation personally
- Creates the environment the encourages the intended outcome
- Influences activity of the participants
- Must be a connector - (which is different than a hub)
- Have a desire to attract people vs. hunt people down
- Have no need to be right but also have an assertive perspective»
Je poursuis mon chemin à l’automne en ralentissant, d’ici là, le rythme de mon animation au sein des communautés, vacances obligent. Il me reste beaucoup à apprendre, mais déjà, autant au Projet Intégrateur qu’au sein du réseau des mentors en entreprise, je sens que les gens se rapprochent dans un esprit de partage. J’aime bien l’idée de l’absence du besoin d’avoir raison ou d’une perspective autoritaire. Je dois continuer de travailler dans cet esprit parce que la construction des communautés et le rôle de «ses officiers» restent à définir. Et je ne parle pas du biais lié au choix des outils d’animation…
N.B. Parlant d’outils, cette bibliographie sur les communautés d’apprentissage pourrait s’avérer très utile. N.N.B. Parlant de l’Institut St-Joseph, cette nouvelle n’a pas diminué ma fierté d’avoir déjà dirigé cette école.
Mise à jour du lundi: Francis Pisani pose une excellente question dans son billet publié aujourd’hui: «Quand faut-il parler de “communauté”, de réseau ou de quelque chose d’autres que nous devons apprendre à nommer?». Il ajoute «le niveau d’engagement n’est pas le même» et il a bien raison d’écrire que certains «abusent du mot communauté»…
Je blogue autant - sinon plus - que jamais. Je blogue moins souvent ici, certes, mais je continue de nourrir de multiples espaces Web au quotidien. Plusieurs de ces lieux ne sont pas les miens, même s’ils font partie de ma blogosphère. Ça m’est arrivé plusieurs fois cette semaine par exemple, de repérer «du bon matériel» à bloguer, mais je me disais qu’il cadrerait bien mieux ailleurs qu’ici. Il n’y a qu’à lire chez Antoine Robitaille ou chez Michaël Carpentier pour s’en rendre compte… les trouvailles en question avaient bien meilleures mines chez ces blogueurs.
À plusieurs autres reprises, c’est dans l’une ou l’autre des communautés que j’anime qu’il m’est arrivé de bloguer. Il faut dire que je passe beaucoup de temps à former d’autres blogueurs ce qui fait en sorte que je suis bien davantage préoccupé par la dynamique de ces espaces Web que par Mario tout de go. Au moment d’objectiver ici ce qui a fait ma journée, je suis bien souvent au bout de mes ressources, ce qui explique le rythme plus lent des mises à jour. Pourtant, il y aurait tant de sujets. Du lancement du Groupe Les Relevailles (1, 2, 3 et 4) en passant par certains événements sur Facebook (1, 2) ou d’autres concernant One Laptop Per Child (1) et l’action du côté d’une stratégie nationale [à venir] sur le numérique (1), je manque de belles occasions de pousser plus loin ma réflexion. Souvent par contre, je le fais à même «de vieux billets», comme celui-ci lié au décès d’Agathe qui m’a beaucoup fait réfléchir aujourd’hui.
Il est vrai que l’action sur Twitter, la lecture de mes fils de nouvelles et quelques conversations sur Facebook me prennent aussi du temps ce qui m’en donne moins pour ici. Et je ne parle pas des commentaires sur les blogues des autres qui sont souvent plus pertinents que le serait un billet ici, conditionné par la peur de laisser en friche ce carnet s’il n’est pas mis à jour quotidiennement. Après plus de sept ans de pratique carnetière, je ne suis plus vraiment inquiet de mon blogue. Même les plus grandes pauses seront suivies par un billet qui aura vite fait de me relancer sur la bonne voie… celle du dialogue intérieur et du partage, sans attente au niveau de la quantité!
J’assume totalement le billet où je traite d’anonymat et de blogues. Je l’assume même si je me fais joyeusement ramasser par un prof de français sous le pseudonyme de «Jonathan Livingston». Attention, plusieurs fenêtres surgissantes s’ouvrent quand on clique sur le lien du Monsieur; il n’aime pas beaucoup les méchants «qui ont intérêt à nous compliquer la vie pour grossir leur portefeuille» et je le comprends, si je me fie à toutes les inutilités qui nous sautent au visage quand on clique sur son blogue. Je ne parle évidemment pas de son billet qui est intéressant, même si je m’y vois transformé en un vulgaire colporteur de marchandises éducatives. C’est poche, mais bon… Pas le goût de me justifier sur l’authenticité de «ma vocation».
J’assume même si chez le prof masqué (un autre prof de français), je vois bien qu’en affirmant ma position, j’ai prêté flanc à juger celle de ceux qui bloguent anonymement. En lisant ce qui semble être le dernier billet chez Le Neuf (je sais qu’il n’enseigne pas le français), je me suis dit qu’il fallait bien préciser que j’étais au courant de nombreux cas de représailles causées par la pratique carnetière et que ce que je jugeais essentiel pour moi, pouvait très bien ne pas convenir à d’autres. D’ailleurs, c’est très décevant de savoir qu’on ne pourra plus lire les textes de Le Neuf. Pas déçu du blogueur… de la situation, je veux dire.
De fait, je ne crois pas à la possibilité de l’anonymat à moyen et à long terme. J’ai trop souvent expérimenté que ce qu’une personne ne pouvait pas écrire «à visière découverte» est mieux de ne pas être écrit par un blogueur anonyme. Tôt ou tard, tout finit par se savoir… Les problèmes que j’ai avec l’anonymat ont bien peu à voir avec les blogueurs qui la «choisissent»; si peu, sauf dans certains cas, rare en éducation, où on s’en sert pour diffamer. Ils sont liés à ceux qui ont plus de pouvoir en éducation dans notre société (syndicat, cadres scolaires, haut-fonctionnaire et ministre); ce sont ces gens qui ont du chemin à faire avec la compréhension du devoir de réserve.
Si mon billet a prêté flanc à un jugement envers ceux qui bloguent de façon anonyme… je suis bien peiné, car leur contribution est tout à fait légitime.
Bien entendu, on comprendra que je dialogue davantage avec les blogueurs anonymes dont je connais l’identité (paradoxe, je sais), mais je suis le dernier à vouloir juger leur conduite.
S’il ne font pas le choix qui est le mien (personne n’a le même regard sur ces questions), je me dis que leur point de vue vaut le mien. Je n’ai pas voulu juger personne même si je crois que ce n’est pas une bonne idée de bloguer de cette façon. Comme je l’ai écrit chez celui qui pense que je suis «cynique» quand j’écris que je voudrais avoir des représailles, «entre aucun blogue et un blogue anonyme, je choisirai presque toujours le second».
J’ai vécu des représailles à cause de mon blogue. J’ai vécu des représailles à cause de mes prises de position dans et hors de mon blogue depuis le début de ma vie. De mon défunt père, en passant par mes supérieurs, des clients et des hauts-fonctionnaires, beaucoup se sont essayés. Je veux dire… de m’amener à penser différemment (comme eux pensaient) par des jeux de coulisses ou des menaces à peine voilées, certaines mises à exécution, me faisant perdre un privilège, des sous ($$) ou des possibilités d’avancement. Je ne m’en plaindrai pas ici, car le juste retour des choses est souvent survenu, avec le temps. Parfois beaucoup de temps… mais bon. Me reste encore des crottes sur le coeur, c’est certain, mais je ne mange que très rarement de ce pain là.
Je sympathise de tout coeur avec ceux qui vivent ce genre d’événements. C’est hautement déplorable de devoir bloguer anonymement pour contourner ce genre de problèmes. Il faut blâmer ceux qui ont du pouvoir, dans ces cas de représailles quand celui qui s’exprime reste dans les paramètres du bon goût, du respect des lois et de son devoir de réserve.
Sauf que…
Je maintiens qu’en ce qui me concerne, l’anonymat ne m’aurait pas apporté autant que le blogue m’apporte aujourd’hui. Et je ne parle pas d’argent…
Mise à jour du 2 juillet 2009: «Peut-on être anonyme sur le Net?», c’est la question posée par Pierrot Péladeau dans un excellent billet qui contient quelques éléments de réponses (et des définitions) essentielles.
«Mario Girard et Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades (et président du Conseil de la Fondation) ont sollicité des gens d’affaires pour venir supporter le lancement du premier projet structurant, le développement du Réseau national de mentorat d’affaires de la Fondation.»
Plusieurs gestes concrets pour appuyer l’entrepreneuriat arrivent dans le contexte du 11e Rendez-vous du Réseau national de mentorat d’affaires de la Fondation de l’entrepreneurship du Québec. On me dit que je serai impressionné de la qualité des personnes qui viendront joindre leur voix à l’événement. Je crois beaucoup à ce genre d’initiative et j’entends suivre à distance demain le déroulement des activités…
Mise à jour du lendemain A.M.: Selon cette source, les «gros noms» qui s’ajoutent à Alain Lemaire sont… Jean-Marc Léger (Président de Léger Marketing et collaborateur à l’Indice entrepreneurial québécois), André Bérard (Ancien chef de la direction et président du Conseil de la Banque Nationale du Canada et l’un des plus ardents défenseurs du mentorat d’affaires), Marc Dutil (Président du Groupe Canam et fondateur de l’Ecole d’entrepreneurship de Beauce pour un Québec plus entrepreneurial) et Louis Tanguay (Président de LTI informatique et génie - entrepreneur (mentoré) utilisant les services de mentorat d’affaires de la Fondation depuis plus d’un (1) an).
Mise à jour «post» conférence de presse: Francis Bélime (lui-même mentor) donne les détails de ce qui a été annoncé ce matin dont les grandes lignes du plan d’action qui vise à mobiliser le milieu des affaires. Le communiqué officiel est en ligne ainsi que ce sommaire éxécutif (format pdf).
L’école est le lieu par excellence où se situe l’enseignement collectif. Au Québec, on a voulu que l’école se donne une mission sur trois axes, instruire, socialiser et qualifier. À un moment donné de notre histoire, un peu après la création de «l’école de Charlemagne» probablement (ou plutôt celle de Jules Ferry), le préceptorat a laissé la place à des dispositifs privilégiant un mode axé sur la pédagogie simultanée où la classe est ordonnée «de manière [à ce] que tous les élèves ou du moins une partie notable des élèves puissent recevoir ensemble l’enseignement sur les diverses parties d’un programme».
«Enseignement collectif», «pédagogie simultanée»… La réalité d’aujourd’hui est-elle compatible avec ce modèle d’école où on pouvait peut-être se permettre d’enseigner la même chose à chacun, à partir d’un seul plan de match pour les trente élèves devant soi?
Je crois de plus en plus qu’une grande partie de la confusion actuelle en éducation porte sur le fait qu’on esquive certaines réalités qui sont devenues incontournables. Les classes sont de moins en moins homogènes, même si récemment, on permet davantage le redoublement. Même quand on retrouve devant soi, plusieurs jeunes du même âge, qui sont au même niveau académique, on ne peut prendre pour acquis qu’ils soient semblables sur tous les plans ayant un impact sur leur capacité d’apprendre. C’est encore pire dans les milieux où on vit une intégration qu’on pourrait qualifier de «sauvage» (CEQ, Boutin et Goupil, 1983, «intégration de groupe d’enfants sans prise en compte des besoins de chacun, absences de critères de réintégration, absence de formation du personnel, absences de structures ou de services nécessaires, absence de consultation du personnel enseignant qui reçoit ces enfants, etc.). Pourtant, chacun sait qu’une classe doit être la plus homogène possible pour qu’un enseignement collectif et simultané soit de qualité.
Dans ce nouveau contexte (peut-être pas si nouveau dans les faits), j’ai peine à comprendre pourquoi il y a autant de résistance à envisager d’agir sous l’inspiration d’une pédagogie différenciée et de stratégies plus ouvertes. J’ai souvent l’impression que l’énergie qui circule dans les salles de profs et les assemblées syndicales est consacrée à cette quête de la classe homogène. Ce rêve de rassembler devant soi trente étudiants semblables qui pourraient prendre avantage à ce qu’on leur enseigne les mêmes choses en même temps au même rythme sans trop se poser de questions; je me demande s’il ne faudra pas aborder de front un de ces jours, cette question qui relève de l’utopie.
Je ne suis pas en train de dire qu’il n’est plus possible d’enseigner dans les classes d’aujourd’hui, au contraire. Je dis simplement qu’il n’est plus possible (si déjà, ce le fut) de ne faire que ça, «enseigner», pour faire apprendre. Je lis occasionnellement des gens comme Marc Le Bris ou Jean-Paul Brighelli, par exemple, qui croquent allègrement «du pédagogue» et je me désole de cette nostalgie qui teinte leur propos. Si je leur donne raison, par exemple, sur ce qu’il y a à privilégier, en bas âge, pour l’apprentissage de lecture à un moment où il est davantage possible de regrouper dans une classe des jeunes qui en sont au même point, je suis stupéfait de leur discours exclusivement centré sur le paradigme de l’enseignement. Dans ce document écris par M. Le Bris portant sur le redoublement, je vois bien qu’il est réaliste et je suis assez d’accord avec lui: «L’enseignement simultané en classe hétérogène est tout simplement impossible». Par contre, au lieu d’envisager de s’adapter à la réalité et de remettre en question l’enseignement simultané dans des classes de plus en plus hétérogènes (même si on est en droit de mettre des limites), plusieurs profs se réfugient dans le mode «résistance»; à ce moment, tout y passe… On devient hargneux devant les programmes par compétences, le mot «pédagogie» est prononcé avec le fiel de l’amertume et trop souvent, la moindre différence chez les jeunes devient source de conflit.
J’écoutais cette après-midi ce slam de Grand Corps Malade intitulé «Éducation Nationale» et si je ne suis pas certain que toute solution passe nécessairement par l’État qui injecte à l’infini des ressources ($$), il faut admettre qu’on doit mieux supporter, les enseignants dans leur capacité de gérer toutes les différences… à condition qu’on accepte de mettre de côté ce retour idéaliste à la classe parfaitement homogène.
«Depuis plusieurs décennies, nous avons laissé dériver l’école, nous avons abandonné sa direction à des gens que l’instruction, le savoir et la culture n’intéressent pas. Ces gens ont transformé l’école en quelque chose qui n’est plus l’école.»
N.B. En complément d’information sur ce sujet, histoire de ne pas citer que des français situés d’un seul «côté de la médaille», je signale cette conférence de Anne-Marie Chartier qui porte le titre «L’école obligatoire intègre-t-elle la nécessité d’un enseignement individualisé?»…
Info additionnelle: Je viens de trouver les paroles du clip de Grand Corps Malade sur un blogue d’une enseignante; c’est dans ce billet, «Grand Corps Malade - Education Nationale: réflexions».