Mario tout de go

Je suis un Explorateur du Web
Coach scolaire et catalyseur de communautés d'apprentissage
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14 août 2008

Donner son 110%


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Cliquez sur la photo pour agrandissement.

Source: Ce site via Renart

Pour ce qui est du vrai contenu éditorial lié à ce poster, lire Steve Proulx! Et parlant de sports, il faut voir la vidéo trouvée par Mali Ilse Paquin; à défaut de médaille, on se contente des «bloopers»! Doa (Le Patrouilleur du Net) a de la concurrence…


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Mots-Clés: Actualités sportives 
11 août 2008

Soyez les premiers à connaître son choix...


«You have helped build this movement from the bottom up, and Barack wants you to be the first to know his choice.»

C’est une déclaration de David Plouffe (directeur de campagne), à propos du choix de co-listier du candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama qui «révélera le nom de celui qui briguera la vice-présidence à ses côtés par un courriel envoyé aux abonnés de son site Web»! (Source)

Excellent moyen de s’assurer de continuer de jouer la «Long Tail»…


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Mots-Clés: LesExplorateursduWeb La vie, la vie en société 
11 août 2008

Montréal-Nord, le Clichy-sous-Bois de la Métropole?


Le 27 octobre 2005, deux adolescents de Clichy-sous-Bois (banlieue de Paris) sont morts par électrocution, alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Dans les trois semaines qui ont suivies, plusieurs émeutes ont fait rage faisant dire à plusieurs que les violences urbaines des banlieues parisiennes ont été «les plus importantes agitations en France depuis mai 1968».

Le 10 août 2008, un jeune homme de dix-huit ans de Montréal-Nord (sur l’île de Montréal) est mort par balle et deux autres ont été blessés (1). Les circonstances rappellent celles des incidents de Clichy-sous-Bois d’autant plus que dès le lendemain, Montréal-Nord a vécu l’une de ses soirées «les plus chaudes» des dernières années avec «au menu», incendies criminels, jets de pierres contre les forces de l’ordre, pillage et désordre total. «Le plus épeurant, c’est de se retrouver soudainement dans une zone de non-droit», affirme Patrick Lagacé sur son blogue où il témoigne de ce qu’il a vécu avec ses camarades journalistes.

Personne ne veut vivre au Québec (ni ailleurs) des événements semblables à ceux vécus en France en novembre 2005. Force est d’admettre que plusieurs des ingrédients sont rassemblés:
  • Mouvements spontanés et isolés de jeunes désoeuvrés qui réagissent à ce qu’ils croient être de la brutalité policière
  • Actes transformés en véritables émeutes comprenant des affrontements avec la police et le service d’incendies
  • Fond de lutte contre la pauvreté qui légitime le comportement de certains habitants du quartier à se révolter contre la société
  • Fond de lutte contre les gangs de rue qui légitime le comportement des forces de l’ordre à employer la manière forte contre les «plaignants»

La crise est jeune. Aujourd’hui, toutes les mesures doivent viser à éviter l’escalade de la violence.

Déjà, certains blogueurs font monter la pression. Le mot est prononcé: «Montréal-Nord et sa racaille». On peut lire sur ce blogue du Dernier Québécois que «Montréal-Nord, c’est la démonstration de notre incapacité à intégrer les immigrants.» Autres points de vue de blogueurs ici, Jones et AntiPollution. Mêmes rengaines qui recommencent… Les commentaires dans le billet de Belz (qui tente de se justifier) témoigne de la furie qui se construit.

Mon passé de directeur d’école me commande d’arrêter ici. Je voudrais bien dire que l’appel au calme va arranger les choses, mais ce que je lis (et décode un peu partout) ne m’annonce rien de bon. Il me semble que la dernière chose à faire aujourd’hui soit de juger les uns et les autres!

On se garde une p’tite gêne, s’il vous-plaît!

Est-ce qu’on ne pourrait pas se servir de ce qui s’est passé ailleurs pour comprendre comment gérer ce genre de crise?

Mise à jour en P.M.: Autre texte qui me fait craindre que l’escalade ne soit pas prêt de s’arrêter…

  • «… il faut plus augmenter le nombre d’agents dans les quartiers «sensibles» de la métropole québécoise.»
  • «… les événements de dimanche étaient prévisibles.»
  • «C’est une révolte contre l’ensemble du système.»
  • «Ce qui s’est passé ensuite reste confus.»
  • «… les gangs de rue ne sont pas les seuls responsables de l’émeute de dimanche et il croit que des jeunes du quartier étaient également sur les rangs pour manifester leur ras-le-bol.»
Seule, une note d’espoir: «Il faut que des adultes représentatifs de la communauté s’impliquent, selon lui. La répression policière, seule, demeure insuffisante. Il faut davantage de prévention.»

Mise à jour du lendemain: La nuit semble avoir été exempte d’événement fâcheux, mais les journaux de ce matin décrivent assez bien la tension qui subsiste (1, 2). Une lectrice m’a fait la recommandation d’un roman que je tenterai de me procurer, «Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte». Jean-Robert Sanfaçon au Devoir aborde la question sous l’angle de l’immigration, Annie Mathieu de La Presse rapporte que les experts sont inquiets et Renart L’éveillé nous fait un petit bilan de ce qu’il a trouvé sur le sujet dans sa blogosphère.

Mise à jour du mercredi, 13 août 2008: La dernière nuit a été plus mouvementée, selon ce que rapporte Radio-Canada. Le gouvernement mise beaucoup au niveau médiatique sur une promesse de rendre public le rapport de l’enquête criminelle qui devrait être disponible dans deux mois. On parle d’une enquête impartiale et transparente. Reste qu’aujourd’hui, Yolande James (ministre québécoise de l’Immigration et des communautés culturelles), a mentionné à RDI «qu’il fallait renforcer le dialogue entre les jeunes et les autorités». Elle s’est réfugiée vers la demande normale en ces circonstances, que la population «fasse confiance aux policiers responsables de l’enquête». Personnellement, j’aurais aimé entendre parler de stratégies visant à contrer l’exclusion, également. J’aime beaucoup les appels au calme qui sont relayés à partir de l’entourage du jeune qui a perdu la vie. Évidemment, les journalistes sont sur le dossier du frère de la victime qui semble à l’origine de la démarche des policiers au parc Henri-Bourassa. Je continue de penser qu’il faut mettre autant d’énergie sur les événements de samedi au moment du décès du jeune homme que sur ceux qui ont suivi parce qu’on risque de passer à côté des racines de ce qui cause problème à Montréal-Nord (et ailleurs). Sur les blogues, Renart Léveillé résume la contribution de chacun dans un billet rempli de liens. Enfin, les événements ont des échos jusqu’en France; bon… Montréal-Nord, le «Bronx» de Montréal… Faudrait pas exagérer non plus!


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Mots-Clés: La vie, la vie en société 
9 août 2008

«Towards Internet Newspaper through Link Journamism»


Dans la foulée de ce billet sur l’utilité des commentaires dans les blogues et surtout, de ce commentaire chez Nelson Dumais, je continue de réfléchir sur la question de la culture Web des groupes-média qui encouragent leurs journalistes (ou tout autre contributeur) à devenir blogueurs (ou Webreporters). D’ailleurs, Nelson Dumais a poursuivi sa réflexion dans un autre billet où la discussion se continue sur le sujet, «des commentaires …». Tout indique qu’on peut s’attendre à des changements concrets sur certains blogues de journalistes, il faut croire, en matière d’encadrement des espaces Web, du moins.

Jean-Marie Le Ray (mon collègue des Explorateurs du Web) arrive aujourd’hui avec une contribution intéressante à ce débat en, «mixant mes[ses] pensées à celles de Jeff Mignon» pour conclure:
«Je dirais qu’aujourd’hui, ce qui manque le plus aux journaux traditionnels, et aux journalistes qui les font, c’est une culture Web, ou mieux, une Web attitude ! ;-)»

Les lecteurs de journaux d’antan deviennent de plus en plus rédacteurs de commentaires sur les espaces Web des journaux (mal vraiment nécessaire?) et ce n’est qu’une des pointes de cet iceberg des changements qui émergent où l’audience d’hier devient aujourd’hui productrice de contenu, composée de ces nouveaux «experts» qui veulent partager leurs opinions. Même si dans la majorité des cas, les lecteurs restent silencieux, ils deviennent des consommateurs d’information voulant être plus autonomes.

J’aime bien le texte «Migration Point for the Press Tribe» de Jay Rosen traduit (avec sa permission) par Jean-Marie dans un autre billet très complet où il réfléchit sur le comportement des journalistes traditionnel face à la montée du Web en tant que lieu de «publication distribuée». Ce passage me frappe:

«C’est de là que vient l’idée d’un journalisme pro-am. Je pense que les formes hybrides seront les meilleures - l’ouverture avec ce qu’il faut de contrôle, les amateurs travaillant au côté des pros -, mais cela signifie que nous devrons appréhender comment fonctionnent ces formes mixtes de collaboration. Arianna Huffington, Amanda Michel, Mayhill Fowler, Marc Cooper et moi-même, accompagnés par plus de 3 000 membres abonnés, sommes actuellement plongés dans une tentative de ce genre, OffTheBus

Une partie de la culture Web que les journalistes ont donc à s’approprier ne s’arrêtera pas à la gestion des conversations dans leurs espaces. Ils devront aussi favoriser l’interconnexion tous azimuts, évitant de n’utiliser que l’autoréférencement, ce que certains (peu) ont déjà compris. Cela nous ramène encore à Jean-Marie:

«À tel point qu’Outre-Atlantique les professionnels commencent à évoquer la notion de “link journamism”, fort bien résumée par ce slogan de Jeff Jarvis : “Do what you do best, and link to the rest”…»


6 août 2008

La blogosphère... La mienne


Il m’arrive souvent d’utiliser ce mot, «blogosphère», qui désigne simplement l’ensemble des blogues qui composent ce sous-ensemble de ma toile sur Internet. Certains parlent de galaxie, d’autres disent que La blogosphère ça n’existe pas; je suis assez d’accord avec ceux qui disent que c’est plus pratique de s’en tenir à une blogosphère, la sienne, puisque regrouper tous les blogues, par théorie, n’a de sens que mécaniquement. Personne ne lit tous les blogues, ni même ne les indexe…

Ceci dit, je me suis amusé à essayer de nommer de quoi Ma blogosphère était composée. J’en suis venu à la conclusion que je pouvais en deux colonnes caractériser la bête. D’un côté, les blogue que je fréquente et de l’autre, les sources qui me lient (excluant Google, les autres bidules de ce genre et les agrégateurs). La section «Je côtoie» de mon blogue m’aide à répertorier la deuxième colonne, mais j’ai aussi besoin de mon agrégateur pour obtenir le vrai portrait puisque c’est par cet outil que je prends connaissance du contenu-blogue qui compose ma «nourriture». En première colonne, je me suis fié aux statistiques de Google Analytics pour estimer ces sources qui pointent vers «Mario tout de go» depuis le 1er janvier 2008. On notera que j’accorde un très grande importance aux 3 500 commentaires (en date de la fin de cet été 2008) qui ajoutent à la qualité de ma blogosphère ainsi que les nombreuses autres conversations auxquelles j’ai participées. Par exemple, on peut dire que Luc Papineau fait parti de ma blogosphère parce qu’il commente régulièrement ici sans que je ne puisse le lire sur un blogue identifié à son nom.

Sous l’hyperlien ci-bas, on retrouvera donc, par ordre d’importance, les deux axes de ma blogosphère.


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Mots-Clés: LesExplorateursduWeb Pédagogie et nouvelles technologies 
5 août 2008

Le Point en Administration Scolaire, volume 10 - numéro 4


Au printemps dernier, j’avais été sollicité par Les éditions du Point pour écrire un texte sur l’informatique à l’école qui serait publié dans la revue Le Point en Administration Scolaire dans le cadre d’une rétrospective des dix dernières années. À mon retour de vacances, j’avais la revue (volume 10 - numéro 4) sur mon bureau…

On retrouvera mon texte sous l’hyperlien plus bas. Dans la revue papier (pas d’hyperlien, pour le moment), il se trouve complètement à la fin du document qui fait 48 pages. Jean Bernatchez signe le premier article traitant de la complexité qui teinte le cadre de la formation des gestionnaires en éducation. Ce texte m’a permis d’apprendre qui était à l’origine d’une phrase que je cite souvent: «Rien n’est permanent sauf le changement!» Il s’agirait de Héraclite d’Éphèse, un philosophe grec de la fin du 6e siècle av. J.-C. Ça fait longtemps en titi qu’on a remarqué le phénomène…

J’ai beaucoup apprécié aussi un texte de Régent Fortin qui est l’un des formateurs les plus crédibles dans notre domaine que j’ai connus à mes débuts comme directeur d’école. M. Fortin traite des dix dernières années de turbulences que la réforme actuelle a apportées. Ce passage qui évoque l’ampleur de la tâche des directions d’établissement scolaire à l’heure de la mise en oeuvre du Programme de formation de l’école québécoise est intéressant:
«Mais l’opération est complexe: il fallait d’abord assurer la continuité des activités en cours, sans arrêter les projets déjà en place; il fallait ensuite continuer ou entreprendre le développement de nombreux autres «programmes» comme Agir autrement, l’Approche orientante, l’École en santé, les Plans de réussite, l’École communautaire, les Plans d’action antiviolence, etc., dont les liens avec le Programme de formation ne sont ni évidents, ni explicites. Tout ceci dans une période de renouvellement massif des directions d’établissement. Il a fallu plus récemment composer avec des problématiques émergentes, comme les accommodements raisonnables, la place des religions à l’école, la politisation partisane sur l’évaluation et les bulletins des élèves. On doit maintenant faire face à l’insertion massive de nouveaux enseignants, au décrochage scolaire, à l’instabilité des équipes-écoles et autres phénomènes à venir.»

Plusieurs autres articles valent le détour dont celui de Diane Miron qui aborde le sujet du renouveau pédagogique et des parents et un rappel par Jacques C. Plante des quelques pas faits dans les dix dernières années sur le sujet de la déconcentration des pouvoirs dans le milieu scolaire; je fais un lien avec ce billet. La revue comprend un encart qui contient un article de Pierre D’amours identifiant les attributs d’une école autonome performante.

Je souhaite bonne lecture à chacun…


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Mots-Clés: Administration scolaire Pédagogie et nouvelles technologies 
31 juillet 2008

Les commentaires sur les blogues: ça sert à nourrir les conversations


… et à produire plus de sens, je dirais!

Trop souvent malheureux que ses billets virent à la «foire d’empoigne», Patrick Lagacé se demandait aujourd’hui à quoi servent les commentaires de son carnet Web:
«Je n’ai pas de réponses définitives sur l’utilité des commentaires sur les blogues. Je sais seulement que, bien souvent, ils me découragent un peu. Je me demande si c’est la meilleure façon de faire place aux lecteurs.»

La discussion s’est poursuivie au Citoyen Numérique, chez Michel Dumais (10.2 Mo, reproduction avec la permission du producteur) et j’ai été frappé par le fait que le journaliste de La Presse n’ait pas eu l’impression d’avoir du succès sur son blogue en s’engageant davantage dans la «section forum» de son blogue (c’est comme cela qu’il appelle la section commentaire de son espace Web). Je l’ai déjà écrit dans ce billet où on m’avait demandé d’identifier les meilleurs blogueurs parmi les journalistes, je suis de ceux qui croient que «le blogue est un outil de conversations, pas seulement une présence Internet» et je n’ai pas changé d’avis depuis décembre 2007. Un bon blogueur est en conversation constante avec sa blogosphère. Je ne possède pas la vérité absolue sur ce sujet… ce n’est que mon avis et je la partage!

Bien sûr, si j’avais à réécrire cet article, d’autres noms de journalistes s’ajouteraient à la liste des «vrais blogueurs» qui sont plusieurs à faire de vrais efforts pour s’intégrer à la conversation sur leur blogue et sur ceux des autres, mais il n’en demeure pas moins que le blogueur «Franc-Tireur» de Cyberpresse peine encore à trouver un sens à cet investissement. J’ai eu l’occasion à quelques reprises d’échanger avec M. Lagacé et j’ai toujours été bien reçu. Un gars direct qui dit ce qu’il pense et qui pense ce qu’il dit… c’est l’impression générale qui se dégage de mes conversations avec lui. Ajoutons à cela son intérêt réel pour la communication Web et les blogues; je suis de près son travail avec beaucoup d’intérêts et je ne me gêne pas pour le titiller quand ce qu’il écrit me paraît être inconvenant. Je corresponds avec lui davantage par courriel que je ne m’insère dans ses conversations Web parce que sur son carnet, dans les espaces commentaires, j’ai l’impression que je ne suis pas chez lui, mais dans l’espace Web de son lectorat. Son monde jase entre eux, plus souvent qu’autrement devant une audience volumineuse sous l’égide d’une modération floue, basée sur des critères très ouverts qui permettent que n’importe qui ayant un pseudo puisse s’affirmer sans devoir assumer véritablement son discours, à quelques exceptions près.

Sur le sujet de son engagement dans sa blogosphère, il a offert une réponse intéressante à Michel Dumais quand ce dernier lui a demandé «si ça ne deviendrait pas intéressant pour lui de fréquenter les autres blogues» (dans le sens de laisser des commentaires)?

«J’essaie de le faire un peu. Le seul blogue où je le fais se trouve à être celui que j’estime le meilleur blogue de couverture médiatique à Montréal (Fagstein)… Les autres, je ne sais pas. Un peu par manque de temps, un peu par manque d’intérêt… Faudrait que j’ai une certaine frustration par rapport à ma tribune, mais j’en n’ai pas. Je n’ai pas de manque, je ne ressens pas le besoin d’aller commenter chez…» (ce ne sont pas ses paroles exactes, mais tout proche).

Sans vouloir concentrer le reste de ce billet sur le seul «cas» de Patrick Lagacé qui, je le répète, apporte une excellente contribution à la blogosphère, je voudrais élaborer sur quelques points pouvant permettre que les commentaires sur un blogue puissent mieux nourrir la conversation plutôt que de polluer l’atmosphère :

  • D’abord, je ne saurais trop insister sur l’importance d’une politique éditoriale clairement affichée qui traite spécifiquement de la manière dont on va se comporter dans la gestion des commentaires. Récemment, l’ex-ivrogne à sec nous a fait le cadeau de la sienne et je suis d’avis que ce geste constitue le premier des jalons qui a de l’importance quand vient le temps d’intervenir dans la gestion des commentaires.
  • Ensuite, cette politique éditoriale ne devrait pas encourager la participation anonyme. Elle devrait valoriser ceux qui s’affichent sous leur vraie identité, vérifiable.
  • Il m’apparaît important que l’animateur du blogue accorde beaucoup d’attention aux commentaires pertinents et néglige complètement ceux qui ne le sont pas. S’engager dans la conversation ne veut surtout pas dire de devoir répondre aux imbéciles, en particulier, à ceux qui se cachent derrière un anonymat non justifié qui sert de refuge à des gens qu’on appelle des trolls. Ce concept de pertinence/non-pertinence est subjectif, j’en conviens; en général, les impertinents diffament, s’éloignent du sujet de la conversation, sont remplis de préjugés dans l’expression de leurs points de vue et s’en prennent à l’intégrité du/des messager(s) plutôt que de se concentrer sur le contenu du message.
  • En participant par des commentaires sur d’autres blogues, on contribue à nourrir la conversation, on élargit sa perspective, développant ainsi sa propre sa ligne éditoriale et encourageant ses collègues blogueurs à venir contribuer sur son propre blogue. Un grand nombre de blogueurs est souvent le gage de conversations constructives, même si ce n’est pas là une règle absolue.
  • Les commentaires dans un blogue, s’ils ne représentent pas le seul moyen de construire ensemble, sont un excellent levier pour que les billets s’enrichissent à partir du contenu de départ. Un site Web de type blogue qu’il soit tenu par un journaliste ou par tout autre producteur de contenu est aussi riche des gens qui le fréquentent que l’interactivité qui est au rendez-vous. Tout ce qui freine le flux des discussions devient contre-productif et c’est le rôle de l’éditeur de voir à ce que la conversation devienne la plus fluide possible.

Plusieurs blogueurs d’expériences possèdent une expertise dans la gestion d’un site Web de type blogue, mais peu d’entre nous avons à composer avec une audience du type de celle de Patrick Lagacé. Surtout pas moi, en tous les cas. Je n’ai aucune prétention sur la façon dont les blogues de Cyberpresse sont tenus. J’ai écrit ce billet parce que je crois beaucoup à la pertinence des commentaires sur un blogue, et surtout, que la qualité de la conversation dans une blogosphère fait le blogueur. Je m’intéresse au journalisme et aux nouvelles technologies, mais je ne suis pas journaliste et je n’ai aucune compétence pour juger leur travail, si ce n’est celui du simple citoyen qui consomme beaucoup d’information dans une journée.

D’ailleurs ce matin, ma journée a débuté par la lecture de ce billet de Frédéric Rappaz (via un twit d’Olivier Niquet)) qui rapporte qu’une journaliste a ouvert un groupe assez original sur Facebook qui témoigne d’une pratique journalistique en profonde mutation, interconnectée de plus en plus avec les outils du Web participatif. Je ne juge pas le travail de la journaliste qui procède de cette façon pour construire son article, mais qu’il me soit permis d’exprimer que cette méthode de travail très directe annonce beaucoup de changements dans la nature des conversations en amont de «la nouvelle» et du traitement de l’information. La démarche du blogueur Lagacé d’aujourd’hui participe à cette nécessaire réflexion sur l’encadrement à offrir/prévoir/imposer aux internautes dans ce nouveau contexte du «journalisme 2.0», si j’ose dire!

Mise à jour du 2 août: Fagstein ajoute son point de vue dans «Nobody wants to read 1,000 comments» et Renard Léveillé évoque également ce billet (merci!) dans « Les commentaires comme en terre», @ Branchez-vous.

Mise à jour du 4 août: Nelson Dumais y va d’une charge assez virulente contre la grande majorité des «ChoseBinne123» qui traînent sur la blogosphère et qui «sont le “point de départ” ou le centre de tout». Son texte ne va pas dans le sens des «“full patch” du “constructivisme informatique” (c’est une expression qu’il a utilisée) et il a le mérite de faire contrepoids aux «gourous du Web 2.0». À lire donc, «Blogues et zizanie ! Pourquoi ?». Je persiste à croire que la démocratie se porte mieux avec l’augmentation du nombre de personnes qui ont les moyens de s’exprimer publiquement. De plus, la blogosphère de chacun permet de diversifier les sources d’information, multiplie les occasions d’apprendre et permet un moyen d’affirmation qui engendre davantage de bénéfices qu’il ne pose de problèmes. Un peu nostalgique du temps où le pouvoir d’influencer restait entre les mains de peu de personnes, le discours du spécialiste Dumais est néanmoins représentatif d’un courant fort dans la société: «Nous vivons désormais à la première personne du singulier». Et puis, il blogue; nous lui devons le plus grand respect puisqu’il s’exprime sous la gouverne de l’expérience de celui qui essaie! Enfin, sur un autre volet de ce billet, le groupe sur Facebook de la journaliste de La Presse semble avoir été fermé; voici quand même la saisie d’écran de ce qu’on pouvait y lire:

Groupe_Facebook_Catherine_Handfield.jpg
cliquer sur l’image pour grandeur réelle

Mise à jour du 5 août: Pendant que je postais un commentaire chez Nelson Dumais, Michaël Carpentier y allait d’un billet génial, développant encore davantage le sujet.


28 juillet 2008

La coopétition ou pourquoi collaborer avec ses concurrents


Premiers auteurs à développer sur la notion de «coopétition», Barry Nalebuff et Adam Brandenburger (1996) ont utilisé ce néologisme pour associer l’idée de coopération à celle de compétition. Ce ne sont pas les premiers à suggérer que des alliances entre des concurrents puissent constituer un bon moyen d’accroître certains avantages communs; avant eux, Raymond Aron (1962) a décrit à l’ère nucléaire, comment les grandes puissances, «malgré leur rivalité, avaient intérêt à coopérer pour conforter l’ordre établi et empêcher l’émergence de puissances concurrentes» (source).

Le paradoxe de la coopétition en matière de management, révèle toute la question de l’alternance entre les stratégies de coopération et celles qui maintiennent la concurrence. Quand s’affronter? Quand s’entendre? Voilà de bien grandes questions…

À la section 1.2.1 de cet article de Estelle Pellegrin-Boucher, on découvre que la capacité de coordonner l’échange de savoir avec les concurrents est une source importante d’avantages dans un marché. Cet extrait concernant les réseaux sociaux et le savoir dit «tacite» (on pourrait dire «sous-entendu») me paraît hyper pertinent:
«Ainsi, les relations sociales représentent une des sources les plus importantes d’information, non seulement dans la diffusion de processus d’innovation (Czepiel, 1974), mais aussi dans le domaine de développement de nouveaux processus et produits. Par exemple, l’une des forces de la Silicon Valley est d’être encastrée dans des réseaux informels de relations qui élargissent les limites des firmes, et facilitent l’échange d’information (Rogers, 1982; Castilla et al, 2000). Le savoir tacite (Polanyi, 1967), en particulier, est difficile à échanger en dehors d’une interaction sociale et de relations informelles, alors qu’il constitue une source très importante de savoir interfirmes et un avantage concurrentiel décisif dans l’économie de la connaissance. Le savoir tacite est en effet profondément ancré dans l’expérience personnelle des individus, et peut difficilement être codé en des termes explicites (Nonaka, 1994). Les mécanismes formels semblent incapables de transférer ce type de savoir d’une firme à une autre. De plus, le savoir tacite est plus facile à transmettre si le fournisseur d’information et le récepteur partagent des expériences similaires et redondantes dans des sphères qui se recoupent, car dans les relations informelles d’échange, celui qui reçoit l’information doit avoir la capacité d’absorption nécessaire pour comprendre le fournisseur d’informations (Cohen and Levinthal, 1990, Nonaka, 1994). Ainsi, à travers l’interaction sociale, les organisations ont de nouvelles opportunités pour partager leurs ressources et leurs idées, et accroissent l’échange de savoir interorganisationnel.»

Je m’intéresse à la notion de coopétition depuis un bon bout de temps. J’ai d’abord écrit ce texte à quatre mains en compagnie d’une personne qui travaille dans le même secteur d’intervention que le mien et dernièrement, j’ai appliqué ce même concept au domaine du journalisme et des blogues qui me paraissent devoir davantage cheminer sur cette voie de l’interdépendance. Ce qui me frappe de plus en plus dans l’exercice d’échanger et de partager avec des individus/entreprises/institutions avec lequel je serais «en concurrence», réside dans la résistance silencieuse de ceux qui croient spontanément qu’il y aurait anguille sous roche. Cette idée que des concurrents puissent coopérer et en retirer chacun un bénéfice rend méfiant une partie des gens que je rencontre; on dirait qu’ils cherchent l’arnaque. J’essaie de voir ce qui dans mon attitude ou mes comportements pourraient entretenir cette méfiance; je ne souhaite pas compromettre les pratiques coopétitives qui se multiplient depuis quelques années et quelques échos me parviennent à l’effet que entretenir des liens avec un concurrent, c’est «collaborer avec l’ennemi» et donc, se tirer une balle dans le pied. Je ne règle rien si je ne fais que dire que cela témoigne d’une vieille mentalité.

Je cherche de mon côté parce que j’ai potentiellement «un meilleur contrôle» sur ce que je fais que par rapport à ce que font les autres. Je me dis qu’en nommant plus explicitement les avantages de la coopétition, je pourrais peut-être transcender les barrières qui empêchent d’aller plus loin dans le partage et l’échange.

Il me semble que ce bénéfice de se trouver «mieux informé» est en soi un très grand avantage, mais il y en a d’autres, c’est certain:

  • La coopétition devient souvent une nouvelle forme de «compétition transparente» qui éloigne des concurrents de la mentalité où la fin justifie les moyens. En étant le plus ouvert possible, ne permet-on pas au secteur de notre activité de s’améliorer et de générer davantage de besoins qui pourront «faire vivre» davantage de personnes/entreprises dans cedit secteur?
  • Le développement d’une certaine «intelligence collective» peut profiter à tous puisque dans la mentalité des coopétiteurs, nous sommes bien plus que la somme de nos parties. Ce sont les liens que nous tissons entre nous qui rendent notre secteur d’activité meilleur. Dans cette optique, il y en a davantage pour tout le monde, il me semble…
  • Que dire de cette capacité des coopétiteurs de travailler dans le sens de l’émergence de communautés de pratiques qui fera «avancer» les connaissances d’un secteur bien davantage qu’en retenant l’information, espérant profiter d’un avantage à court terme, mais diminuant ainsi la capacité du groupe de faire progresser davantage le secteur dans lequel on oeuvre au profit d’un autre secteur plus ouvert au partage.

J’ai le privilège cet automne d’être invité à prononcer des conférences devant des publics qui sortent du strict cadre scolaire et c’est pour moi une excellente occasion d’apprendre de ces gens. Je n’ai aucune envie de m’éloigner «du scolaire», mais je dois reconnaître que l’augmentation de la portion de mon temps passée dans le secteur public (vs le privé) m’a fait rencontrer des difficultés sur le plan du partage et de l’ouverture que je ne soupçonnais pas. En tant que directeur d’une école privée, j’avais une relation coopétitive avec les cadres des autres écoles privées et tout cela se vivait naturellement, sans trop de remise en question, la majorité du temps. Depuis deux ans, je travaille pour le MELS, des C.S. et des écoles publiques la majorité du temps et je suis souvent renversé des résistances que je rencontre. Je me surprends à penser que la conservation de son p’tit pouvoir est bien plus importante que l’avancement du secteur en général. Sans généraliser (il faut faire très attention de ce côté), de grands pans de l’appareil public auraient beaucoup à envier au privé de ce côté, plus habitué à s’adapter, à prendre des risques et à gérer une certaine vulnérabilité. Je ne me décourage pas… parce que je sens que ça avance, tout de même! Je rencontre des gens extraordinaire au MELS, dans les C.S. et les écoles qui me semblent conscients des pas à faire à ce niveau. Leurs comportements m’encouragent…

J’espère que mes incursions à la JIQ 2008 («Le Web participatif (2.0), outil pour mieux agir en communauté ou simple “buzzword”?») et à la Journée des communications gouvernementales 2008 («Le Web participatif : mariage forcé ou réelle opportunité?») contribueront à me faire découvrir ce que je peux faire de plus pour développer la coopétition au sein des organismes publics!


24 juillet 2008

Le monopole du journalisme s'effrite de jour en jour


Au moment d’écrire un article sur la réorganisation des salles de presse des grands médias (sur CentPapiers), je constatais que l’analyse de Jeff Jarvis était limpide sur le sujet de l’interdépendance entre les blogueurs et les journalistes, entre le journalisme civique et celui des professionnels de l’information.

Par l’intermédiaire du Journaliste/chroniqueur/auteur Steve Proulx, je prends connaissance d’un billet de Patrice Lamothe qui prédit rien de moins que la fin de l’actualité. Un extrait:
«C’est que le monopole [du journalisme] était bien plus profond qu’on ne l’a souvent écrit. Ce n’était pas le seul monopole du choix, de l’ordonnancement et de l’interprétation d’information; car l’information n’existe simplement pas sans être choisie, ordonnancée et interprétée. C’était le monopole de la construction de l’information, c’est-à-dire de la construction du fait d’actualité, c’est à dire finalement la construction du concept même “d’actualité”.»

Entre le moment où la nouvelle survient et celui où on la rapporte dans un grand média, le journaliste s’alimente de plus en plus à des sources qui sont souvent des médias eux-mêmes. Contrairement aux anciennes sources qui étaient plutôt des informateurs ou des témoins qui ne disposaient pas du pouvoir de transmettre par eux-mêmes l’information, les nouvelles sources sont souvent publiques, dans ce sens qu’on peut prendre connaissance par le Web de ce qu’elles ont transmis (en tout ou en partie). Voilà qui explique probablement ce constat de la fin d’un monopole et du début d’une ère de coopétition entre des producteurs de contenu sur un Internet très participatif et des journalistes qui doivent s’ajuster au fait qu’assez souvent, leurs sources peuvent représenter “une sorte de compétition” (je mets de gros guillemets) pour les groupes médias dans lesquels ils travaillent.

Je me demande maintenant si les meilleurs «coopétiteurs» ne seront pas ceux qui obtiendront le plus de notoriété dans leurs sphères respectives. Je lis chez Eric Dupin (qui a fait l’objet d’un topo sur Paris Match) que ce qui a attiré l’attention du Match était les «sites ayant acquis, je [il] cite “une telle importance qu’ils alimentent les médias traditionnels”». J’entends déjà les patrons dans les salles de presse évaluer la valeur d’un bon réseau par les liens que les journalistes entretiennent par (et sur) le Web, auprès des blogueurs et des autres producteurs de contenu!

Tout cela sans compter l’émergence de nouveaux types de médias, «genre «Beatblogging.org»» dont je mentionnais l’existence sur CentPapiers. D’ailleurs, un commentateur rapportait aussi l’exemple de Oh My News, «un forum important, situé en Asie et diffusant dans deux langues»…

Mise à jour du lendemain: Un suivi chez narvic, et plusieurs réflexions prospectives!


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Mots-Clés: LesExplorateursduWeb La vie, la vie en société 
21 juillet 2008

McCartney s'éclate sur la scène du 400e de Québec


Mccartney_quebec_400.jpg

Impossible pour moi d’aller au lit avec toute cette adrénaline consécutive au spectacle de Paul McCartney, dont j’évoquais la venue cette semaine. Dire qu’il a conquis les Plaines et les gens de Québec, n’est pas assez! «Trop beau pour être vrai?» Peut-être, mais j’étais là au beau milieu de la foule pour témoigner de l’immense sentiment de fierté de faire partie de cette aventure musicale. Plus de deux heures trente minutes à regarder une légende avoir autant de plaisir et s’en saouler soi-même avec plus de 200 000 compatriotes, c’est recevoir une grosse décharge d’énergie. Beaucoup de matériel connu a rempli mes oreilles et l’attente de cinq heures avant d’avoir pu prendre place à cent pieds de la scène valait amplement le coup.

Nous avons chanté notre bonheur toute la soirée. Nous avons hurlé notre joie tout autant. Et au moment d’entonner «Live and let die», les feux d’artifice m’ont complètement jeté par terre. Je ne parle pas de l’interprétation de «Let it be», «Hey Jude» et «Yesterday» qui m’ont fait frissonner à chaque fois!

Je pourrais continuer comme ça pour chacune des 36/37 pièces du concert, mais l’essentiel demeure la générosité de McCartney. Voir un gars de soixante-six ans se donner autant avec une guitare ou au piano et vivre l’esprit de camaraderie avec d’autres musiciens à cette intensité… OUF!

Je sors de cette soirée avec l’intime conviction d’avoir vécu un moment historique ce soir. McCartney est venu fêter Québec et les gens présents vibraient à l’unisson pendant toute cette soirée comme rarement auparavant! On pourra dire que Sir Paul a marqué Québec… et ça se saura jusqu’en dehors du Québec!

À la fin de «l’hommage à John Lennon», c’est en formant une gigantesque chorale que nous avons entonné le «All we are saying, is give peace a chance» et ce moment de la soirée était quelque chose à vivre…

Merci au 400e et merci à l’équipe de McCartney. Je suis complètement ébloui!

N.B. À venir demain, d’autres liens et quelques photos, j’espère…

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Source: Pierre Boisvert

Mise à jour du lendemain: Voici quelques informations/liens supplémentaires suite à ce concert, dont je ne suis pas encore revenu…

*Le Paris Match a changé son titre depuis la publication du billet de Patrick Lagacé. Voici ce qui était publié au moment d’écrire mon billet:
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Mise à jour du 22 juillet: Trop de liens à partager… j’en ai fait un nouveau billet!


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Mots-Clés: Divagations musicales Québec, 400 ans 

Je réfléchis

18 août 2008

Le dernier repos d'un Don Quichotte


Voilà! Les préparatifs des obsèques de mon papa sont à peu près terminés. Jeudi P.M., nous devrions être réunis, les trois fils, nos familles et celles «du côté de mon père», comme on dit…

On me pardonnera ce billet très personnel sur ce carnet professionnel. Puisque mon blogue est aussi mon carnet de bord et rassemble les traces de mon patrimoine d’apprentissages, il m’importe aujourd’hui de nommer ce qui ressort des cinq derniers jours où, en plus d’accompagner mon père à son dernier repos, j’ai pu tourner la page sur un épisode central de ma vie.

Car il faut bien le dire… J’ai fait le deuil de pouvoir compter sur un père «normal» voilà bien longtemps. Je ne suis pas amer, ni rancunier. J’ai appris à composer avec la situation. Mais j’ai toujours été inquiet. Ce soir, je suis en paix…

Jeune, j’ai tellement cherché à ce qu’il me reconnaisse que j’en étais venu à me demander si j’en valais «la peine». Avoir honte du comportement de son père, se convaincre qu’on n’y est pour rien, se tourner vers d’autres figures d’autorités masculines pour y trouver la confirmation de son identité… ça demande un «travail» de longue haleine! Restent les occasions à trouver pour s’affirmer devant «celui qui faisait peur», cesser de croire aux perches tendues qui nous enfoncent dans cette relation qui peut nous ronger et surtout, nommer toute la colère envers cet homme qui n’a que très partiellement pris conscience des devoirs de sa condition paternelle. Je répète, je ne suis pas amer…

Mon deuil a commencé quand j’ai eu des enfants, des garçons. D’abord la trouille d’être pareil comme lui. Capable de faire peur à ses enfants en les glaçant d’un regard, d’inspirer la crainte par des paroles humiliantes et aussi, incapable de recevoir de l’affection… Je me souviens des caresses de mon petit garçon qui «brûlaient» tellement je ne savais pas comment recevoir. Mon père ne m’avait touché autrement qu’avec un élan bien senti. Rien d’épouvantable, qu’on se rassure, mon père n’était pas un batteur d’enfants. Mais diable qu’il n’était pas doué pour l’amour. Promesses jamais tenues, cette haleine d’alcool à perpétuité et ce silence… Lourd le silence. Trop lourd.

Et puis, je me suis mis à accepter certaines ressemblances à cet homme que j’aurais tant voulu aimer. Disponibilité sans borne pour son travail, ardent dans ses passions (il fallait voir mon père tête penchée sous un capot) et chaleureux dans ses rapports sociaux de tous les jours… Je devenais capable de m’accepter. D’accepter cette part de lui en moi, sans devoir tout prendre de ses travers. Je trouvais le chemin pour apprendre de ses excès sans devoir passer par le même parcours, si auto-destructeur.

Et puis vint la période de la sérénité, la phrase clée étant «… d’en connaître la différence». Quel bonheur de ne pas avoir à passer par «le même trou de serrure» pour apprécier ces enseignements qui forment. Depuis la mi-trentaine donc, je conserve un certain lien avec mon père, nous échangeons des civilités, mais je n’attends plus rien de lui. Je ne réponds plus au harcèlement, mais je garde la porte ouverte au lien filial. Je le respecte dans ses «choix ?!?», mais je ne me laisse pas emporter dans son tourbillon. Et quel tourbillon!

Les derniers jours nous ont montré la marque du temps passé à ne pas voir le bonheur autour de lui. Le cancer n’est pas nécessairement celui qui attaque ses poumons de fumeur! Entré à l’hôpital sans vraiment le vouloir, nous apprenons qu’il y est par le truchement des services sociaux. Moi un homme fier et sensible, je suis heureux «de savoir», et pas du tout «atterré» de découvrir sa condition; surprenant, quand même… C’est que je suis tellement heureux de constater qu’il ne sera plus seul au moment de ce dernier parcours de vie. Mon Don Quichotte de père cessera bientôt de vivre «en attendant»:
«Tu peux dire à tout le monde
Que Don Quichotte est revenu
Avec son cheval de porcelaine
Et une armure qui ne tient plus
Les romances impossibles
Qui traînent le soir au coin des rues
Comme les moulins et les géants
Ne lui font pas plus peur qu’avant»

Papa est mort dans nos bras. Nous étions une bonne quinzaine de proches à l’accompagner. C’était beau. Beau dans le sens de rare. Jamais il n’aurait pu rêver de terminer sa vie en étant aussi rassembleur et entouré. Sans compter qu’il s’est laissé conduire, pour une fois. Même s’il ne nous donnait pas de vrais indices de sa présence, nous n’avons eu cesse de lui parler. Des vrais affaires, je veux dire. Avec douceur, en petits groupes ou seul à seul, nous avons pu avoir ce dernier contact avec lui en toute dignité, une dignité que nous lui devions… Par sa respiration, par sa façon de réagir, il nous a parlé. Fort. Davantage que nous ne pouvions espérer.

Au moment de trouver le courage de lâcher prise, je me souviendrai de lui avoir dit à quel point je n’étais pas inquiet pour lui, comment il a toujours su comment trouver son chemin pour «passer au travers» de ses choix. Des choix bien particuliers, discutables, mais qui lui appartiennent. Nous avons tous senti à quel point le fait d’être «en sécurité» avec nous changeait la donne. Ses «moulins à vent» devenaient tellement moins géants:

«Mais je reviens debout, c’est déjà beaucoup…»

Jeudi dans deux jours, nous serons de nouveau réunis. Pour le laisser partir, cette fois, puisqu’il a quitté son corps. Je suis convaincu que la rancoeur qui retient, parfois, ne sera pas au rendez-vous. Sans complaisance, je peux dire tout ce qu’il m’a appris.

Notre célébration sera intime. Je ne me souviens pas, en quarante-sept ans, d’avoir vu tout ce beau monde réuni. La famille Asselin au dernier repos de mon Don Quichotte. Nous serons heureux d’accepter les marques d’affection, à distance, dans plusieurs cas. Je sais que ça ne se fait pas de dire que ce genre d’organismes a besoin de support, au moment où on rend un dernier hommage à un homme qui a beaucoup lutté dans sa vie, mais si les fleurs ne font pas partie des réflexes de tous, ce pourrait être une façon originale d’exprimer une forme de solidarité en risquant un don à un organisme qui lutte contre le fléau de la dépendance à l’alcool. Aucun des trois garçons de mon père ne souffre d’un problème lié à la consommation d’alcool. La chaîne est brisée. Si plus de maillons de cette chaîne pouvaient ainsi se rompre…

«J’t’écris pas pour me plaindre J’avais juste le goût d’parler…»

Et bien entendu, aussi, de dire comment c’est possible de finir par aimer… malgré tout.

Bon repos papa. Maintenant, je sais que tu pourras mieux me guider…


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Mots-Clés: La vie, la vie en société ... à qui je suis 
13 août 2008

Gros coup de canon dans le paysage scolaire du Vieux-Québec


Mise en garde: Le sujet de ce billet porte sur la situation des écoles privées dans le Vieux-Québec. Je crois important de me commettre d’abord dans une déclaration d’intérêts. J’ai oeuvré dans trois écoles du réseau privé dont à l’Institut St-Joseph de Québec, école pouvant être considérée comme «concurrente» aux écoles primaires dont il est question dans ce billet. De plus, j’ai travaillé pendant six ans avec le directeur actuel des Ursulines de Québec, avec qui d’ailleurs, j’ai continué d’entretenir de forts liens d’amitié. En dehors d’un petit contrat l’an dernier avec Les Ursulines, aucune des autres écoles dont il sera question ici n’est cliente chez Opossum. J’ai évidemment gardé de très bons contacts avec le réseau privé au bout de 22 ans, même si je travaille maintenant la majorité de mon temps auprès de clients du secteur public. Je voulais que vous soyez avertis.

La nouvelle est tombée hier, mais depuis le printemps, c’était dans l’air. L’Académie Saint-Louis fait l’acquisition de l’École Saint-Louis-de-Gonzague et offrira à partir de septembre 2010 des services d’enseignement préscolaire et primaire à des jeunes filles et des jeunes garçons en dehors du Vieux-Québec, là où était située l’école autrefois dirigée par les Soeurs de la Charité de Québec. Les conséquences de ce transfert des quelque 350 garçons du Vieux-Québec vers le secteur Les Méandres du quartier Lebourgneuf sont désastreuses pour les autres institutions scolaires ayant présentement pignon sur rue dans le Vieux-Québec.

La première conséquence, et la moins grave, est la fin de l’entente entre les trois écoles «du Vieux» au niveau marketing. J’imagine aussi que d’autres partenariats entre le Le Petit Séminaire de Québec (PSQ) et l’École Saint-Louis-de-Gonzague viennent de «prendre le bord» puisque le nouveau lien avec l’Académie fait en sorte que l’établissement primaire ne va pas recommander à «ses» élèves la poursuite de son parcours scolaire secondaire ailleurs que dans sa propre maison. Heureusement, l’Académie Saint-Louis pourra contribuer au niveau du programme de football, entre autres, ce qui ne devrait pas «affecter» l’école primaire de garçons du Vieux. Pour les autres aspects du partenariat, je n’entrerai pas dans les détails… On devinera que c’est le PSQ à court terme qui risque d’écoper dans l’arrêt des liens qui existaient entre ces deux établissements.

Plusieurs questions me viennent avec l’annonce de cette nouvelle configuration dans le paysage scolaire de Québec en général et du Vieux-Québec, en particulier. La première étant liée à la survie du Petit Séminaire de Québec. Contrairement à ce qui est rapporté dans cet article au Soleil, la perte de près de 20% de l’apport en nouvelle clientèle au PSQ me paraît être «dramatique» pour cet établissement qui a connu la fermeture de sa section collégiale au tournant des années 2000. À cette époque d’ailleurs, le gouvernement du Québec, lui-même, reconnaissait «l’apport économique de la présence d’étudiants dans le Vieux-Québec» et, j’y reviendrai, la deuxième décennie de ce 21e siècle sera teintée par de profonds ajustements à faire, si rien n’arrête l’exode des étudiants hors du Vieux-Québec. Je ne connais rien du plan de match de la direction du PSQ, mais les gens de Québec doivent savoir que beaucoup de questions se posent sur le futur prochain de cet arrondissement, dans ces circonstances.

Autre impact, les conséquences à L’École des Ursulines de Loretteville de la venue du «Pavillon Saint-Louis-de-Gonzague» à proximité du «territoire» naturel de recrutement de ce petit établissement mixte qui est une partie constituante de l’établissement du Vieux-Québec des Ursulines qui lui, ne regroupe que des jeunes filles. Plusieurs jeunes garçons et filles de Loretteville fréquentent les deux établissements du primaire du Vieux Québec puisque la petite école n’offre des services que jusqu’en 3e année. Il devient évident qu’une École des Ursulines de Québec ne pouvant compter sur les petites soeurs des garçons de Saint-Louis-de-Gonzague va elle également connaître des secousses de ce transfert qui, à terme, va compliquer encore davantage les choses au PSQ. On se comprend?

Enfin, un dernier «dommage collatéral». Qu’advient-il de L’École Oraliste de Québec pour enfants sourds qui, à ma connaissance, était logée à Saint-Louis-de-Gonzague? Leur oeuvre est incroyable et le service qu’ils offrent est essentiel. Je sais que ça n’a jamais été facile de se trouver des installations convenables et le communiqué annonçant l’entente ne parle pas d’eux… La décision doit peiner beaucoup cette communauté éducative.

J’ai parlé à mon ami directeur des Ursulines aujourd’hui et il va sans dire qu’il n’a pas sollicité ce billet qui résume, de mon point de vue, la situation. Il commentera ici, s’il le désire, mais je ne suis pas inquiet pour lui. Son moral est excellent et sans banaliser l’ampleur du choc que cette annonce a causé, il m’a paru «en contrôle» de la situation. La rentrée scolaire va sûrement permettre de mobiliser les troupes pour envisager les différents gestes à poser visant à assurer le meilleur avenir possible à son établissement et aux jeunes qui la fréquentent. Mais, il demeure des questions sans réponse. Je les lui ai posées et j’ai compris son silence. Je les ai encore en tête…
  • Comment se fait-il que l’avenir du paysage scolaire dans le Vieux-Québec ait été «décidé» par deux corporations seulement («l’École Saint-Louis-de-Gonzague» et «l’Académie Saint-Louis»), dont l’une avait une entente au niveau marketing avec les deux autres?
  • Puisque la problématique de la Congrégation des Soeurs de la Charité de Québec envers le bâtiment de la rue Richelieu n’est pas nouvelle, à savoir que les soeurs ne pouvaient pas assumer encore longtemps les coûts du maintient de l’intégrité des installations, jusqu’à quel point les partenaires du Vieux-Québec avaient «un espace» pour proposer des solutions communes pour la suite des choses?
  • Dans l’article de ce matin au Soleil, il est fait mention «d’un projet [qui] n’a pas été retenu»; est-il normal compte tenus des conséquences sur le Vieux-Québec, que seule la corporation de Saint-Louis-de-Gonzague puisse «moralement» décider du sort des autres, sans plus de consultation?

Je n’écris pas ce billet pour juger de la conduite de qui que ce soit dans ce dossier. J’écris ce billet parce que je crois que cette nouvelle de l’achat par L’Académie Saint-Louis de l’École Saint-Louis-de-Gonzague trouble considérablement la situation déjà précaire de la présence d’étudiants dans le Vieux-Québec. Je n’ai pas d’intérêt dans le maintien d’une présence forte d’étudiants et d’établissements scolaires dans le Vieux-Québec, si ce n’est, ceux déclarés en début de billet. Il n’y a pas d’école publique dans le Vieux (L’école Saint-Jean-Baptiste dans la Haute-Ville de Québec fait-elle partie du Vieux?). Ordinairement, un quartier qui perd son/ses école(s), ça provoque une grosse onde de choc. Normalement, un village qui perd son/ses école(s), ça provoque un cataclysme. Est-ce que c’est moi qui panique pour rien où il se passe quelque chose d’important et nous dormons au gaz? (À part chez Québec Urbain). Et je ne parle pas des aspects historiques reliés à ces écoles et ces communautés religieuses…

Mes ex-confrères (et mon ami) me pardonneront ce billet où je réfléchis tout haut (comme j’aime le faire souvent ici); la dernière chose que je voudrais, serait de leur mettre plus de pression qu’ils en vivent déjà. Je considère néanmoins que cette présence d’étudiants (et d’établissements scolaires) dans le Vieux-Québec est une question qui concerne TOUS les citoyens de notre ville et j’en suis. Je me risque donc à transporter sur cet espace Web la nécessaire tentative de voir venir ce qui pourrait être fait pour agir sur la situation. Je ne conteste absolument pas la légalité de l’entente qui vient d’être conclue entre la corporation «École Saint-Louis-de-Gonzague» et celle de «l’Académie Saint-Louis» et surtout, je reconnais aux parties que «le deal» est «respectueux» du contexte dans lequel évolue l’enseignement privé au Québec dans les dernières années. Mais à titre d’observateur et d’expert non-directement concerné par «l’entente», j’estime de mon devoir de poser publiquement les questions précédentes qui me titillent et qui, peut-être préoccupent d’autres citoyens. Tout à coup Québec ne s’en porterait que mieux, après avoir regardé cela ensemble?


12 août 2008

Contrer l'exclusion... la clé de voûte des tensions à Montréal-Nord


Quand on ne correspond pas au modèle dominant d’une société, grande ou petite en nombre d’individus, on s’expose à l’exclusion, c’est connu. Certaines communautés sont plus tolérantes que d’autres et surtout, plus habiles. Ces gens vivent alors, ensemble, dans la cohésion sociale, malgré certaines différences marquantes au sein même du groupe.

À petite échelle, contrer l’exclusion, c’est s’inspirer du Festival en chanson de Petite-Vallée pour diminuer la compétition et éviter l’élimination qui n’aide en rien à construire un événement où chacun peut se sentir valoriser pour ce qu’il est sans enlever le fait que certains ont des talents que d’autres n’ont pas ou qu’ils ont développé différemment…
«C’est comme si les organisateurs avaient compris que la dynamique de la compétition n’était pas vilaine, mais qu’elle pouvait devenir plus productive sans l’exclusion, si incrustée dans notre inconscient collectif.»

Je continue d’entretenir des craintes suites aux événements à Montréal-Nord parce que je ne ressens pas qu’on veuille s’attaquer aux vrais problèmes à la racine des tensions qui compliquent la vie des gens qui essaient de vivre dans ce coin de pays. Je cherche «des passeurs» et je trouve «des casseurs».

En lisant Rima Elkouri ce matin, j’ai réalisé combien la tâche de centrer les actions sur la lutte contre l’exclusion sera lourde:

«Combien de jeunes à Montréal-Nord ou ailleurs se font arrêter de façon tout à fait arbitraire et traiter comme des criminels dangereux juste parce qu’ils sont noirs ou latinos? Don Karnage, qui n’a pourtant rien d’un voyou, a l’habitude de ce genre de traitement. Il me raconte qu’il s’est récemment fait arrêter alors qu’il roulait tranquillement dans le quartier. Le policier lui a ordonné, comme s’il était un criminel, de baisser les fenêtres pour voir ce qu’il y avait à l’arrière de son véhicule, raconte-t-il. «Je lui ai répondu: «Regardez bien, monsieur l’agent. Vous êtes en train de faire affaire avec une nouvelle sorte de nègre. Un nègre qui a de l’éducation. Il va falloir changer la façon dont vous me parlez.»

J’ai l’air de poser un jugement fatal sur le travail des policiers dans Montréal-Nord en rapportant ce témoignage, mais je souhaite seulement réfléchir ici sur l’à-propos des solutions qui valorisent la répression et le contrôle comme mode de prévention/résolution d’une crise comme celle qui se prépare dans quelques endroits du Québec et dont on vient d’avoir un avertissement à Montréal-Nord. Je pourrais sûrement trouver le même genre de témoignage démontrant que parmi les citoyens, plusieurs ont une attitude empreinte de préjugés quand vient le temps d’entre en contact avec les forces de l’ordre. Tiens… je pense à cet article lu récemment (que je ne retrouve plus) dans lequel un jeune témoigne de son emploi d’été où il portait un uniforme et où il n’a pas cessé de ressentir l’exclusion dans le regard des gens. Il se présentait aux portes pour offrir de buriner les objets de valeurs et en le voyant, dans son uniforme, il n’a cessé de voir dans les yeux de ses interlocuteurs la crainte, la nervosité démesurée et parfois, l’agressivité qui exprime la peur et le rejet.

Je travaille dans Saint-Roch, un quartier de Québec qui n’était pas reconnu pour sa tolérance et sa qualité de vie. La situation a changé et elle demeure préoccupante parce que ce combat contre l’exclusion n’est jamais gagné, mais je me demande si l’exemple de Saint-Roch ne pourrait pas inspirer ailleurs des pistes de solution? Je vois à tous les jours des traces de la grande diversité des gens et des origines dans le quartier. Sans doute, rien de comparable à ce qui nous préoccupe à Montréal, mais bon… se concentrer sur la lutte à l’exclusion, ça ne serait pas une bonne idée, une fois la sécurité de base rétablie et le calme revenu?

Depuis hier, je me sens plus proche de ceux qui cherchent «le début du dialogue». D’un dialogue qui ne dresse pas les gens les uns contre les autres. Il me semble que des propos à la Alexie St-Gelais peuvent y contribuer. Pour que la violence cesse, il faut la contenir, sur le coup, bien sûr, mais une fois cela commencé, il devient urgent de travailler sur sa source et de trouver dans le dialogue, les compromis pour que chacun se sente partie prenante des solutions. Pourquoi ne pas regarder un peu plus du côté de Culture-X, par exemple?

Enfin, un bon mot pour les officiers de police qui risquent gros dans ces genres d’événements où ils sont formés pour intervenir, soit, mais où ils ont bien peu de temps pour décider des gestes à poser. Sans compter que l’adrénaline doit couler à flot, à certains moments… Juste un mot pour rapporter les efforts que j’ai vus dans les écoles pour éviter de judiciariser à outrance lorsqu’il y a une autre piste qui peut donner de meilleurs résultats. J’ai vu ces meilleurs résultats avec plusieurs et je sais combien il y a de policiers qui valorisent le dialogue avant tout geste de contrôle excessif. Il faut s’en souvenir, de cela aussi.


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Mots-Clés: La vie, la vie en société ... à où je m'en vais 
8 août 2008

Journée chargée que ce vendredi 8 août 2008


Pas facile aujourd’hui d’attirer l’attention quand on a un anniversaire à souligner. À huit heures huit minutes en ce huit du huitième mois deux milles huit, la 29e Olympiade s’est ouverte avec panache et beaucoup de couverture médiatique. Mon copain CFD racontait sur un Twitt (il est à Chicago) que ce sera pour ce soir aux U.S.A., mais pour le reste du monde ce matin, c’est le moment de se ranger derrière les Chinois (et les athlètes) pour quelques jours. J’ai été fasciné par un photographe présent «dans le nid» qui postait en direct des photos de la cérémonie d’ouverture. Internet va offrir pour ces jeux une toute autre vision…

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Source: 2008 Olympics Opening Ceremony (merci Embruns)

Je me suis quand même levé ce matin avec en tête la parution du dernier numéro du MédiaMatin Québec. Ce doit être une journée très particulière pour les 252 travailleurs dont le conflit avec Quebecor reste dans la gorge malgré le règlement. J’aime l’analyse de Fagstein: «MédiaMatinQuébec is dead. Long live MédiaMatinQuébec». Parce que ce moyen de pression va faire des p’tits… j’espère en tous les cas!

À lire, ce billet de Michel Hébert qui parle avec beaucoup d’émotion de son expérience…

Enfin, aujourd’hui, ça fait vingt ans que le géant Félix a rendu son dernier souffle. Je retiens ce témoignage de Stéphane Venne:
«Félix Leclerc a inventé deux choses: une sorte d’artiste et une sorte de Québécois. Avant lui, dans le monde francophone, un type qui chante ses propres chansons tout seul avec sa guitare, ça n’existait pas. Brassens, Brel et les autres (dont notre Claude Gauthier, puis Jean-Pierre Ferland, à l’orée des années soixante) sont venus après Félix, et, respectueusement, ne s’en sont jamais cachés. Ça existait aux États-Unis, surtout chez les bluesmen noirs et autres musiciens noirs ou blancs des États pauvres du Sud. Mais pas chez nous. Ni en France. Or un créateur qui chante ses chansons sans orchestre ni aucun autre type d’accompagnement extérieur à lui, c’est fatalement responsable de tout: de son répertoire, de l’ambiance sur la scène, et presque de l’attention du public. Sur scène, c’est chez lui; il en est le roi, heureux ou pas. Mais il est libre. Et c’est là qu’arrive l’autre créature de Félix: le Québécois libre.»

Le lien entre tous ces moments forts d’aujourd’hui?

Les conformistes ne traversent pas le temps qui change; on se souvient de ceux qui innovent!

Mise à jour de fin de soirée: Excellente réflexion sur les «Jeux Olympiques du malaise» chez PhotosMax à partir de ce qu’il a vu ce matin, à l’ouverture des Jeux de Pékin; ses propos se prolongent chez Sylvain

6 août 2008

J'ai le cerveau droit qui me travaille


Drôle de «beat» en cette semaine de retour de vacances. Les événements autour de moi me touchent droit au coeur. Par exemple, ce qui se passe chez l’homme qui a cessé de boire m’a beaucoup ému, au point où j’ai décidé ce matin d’envoyer des roses en compagnie de 400 personnes qui avaient la même envie que moi. J’aurais peut-être dû en envoyer aussi à mon copain? J’imagine sa tête là où il travaille… «Vous avez des fleurs de Mario tout de go»!

Je me suis couché hier avec en tête un mot d’enfant, pas jojo du tout (il y est question de gastro), mais tellement imagé:

«Maman, j’ai renversé mon mal de coeur sur le tapis!»

J’ai déjà écrit une cinquantaine de billets à propos de ces perles qui sortent de la bouche de ceux dont l’imagination n’a pas de limite. Hier, c’est sur l’Espace-parents de Canoë que j’ai déniché les trésors. Encore ce matin, ma journée a commencé avec légèreté en relisant:

«En voyant une voiture de chez St-Hubert, Alexandre, 5 ans, de la Côte-Nord en visite à Montréal, dit: “Maman, maman, regarde! Ici ils ont même des taxis pour les poulets!”»

Parlant d’enfant, mon plus jeune passe l’été à arbitrer des matchs de soccer. Il a treize ans et je suis fasciné de ses récits d’après-match où il me raconte comment il trouve ses stratégies pour faire face à l’intimidation des parents. Je peux témoigner du support incontestable offert par Yannick Beaulieu dont il est question dans cet article du Soleil de ce matin. Il encadre super bien ses jeunes arbitres qui se «font essayer» comme ça se peut pas. Pour le moment, mon fils se sent bien dans ça, mais il apprend «à la dure» comment certains adultes perdent tout jugement quand il est question de gagner et de perdre. Il m’impressionne beaucoup par son sang-froid.

C’est peut-être juste moi qui suis trop sensible ces jours-ci…

Je me remets au travail… Les mandats vont peut-être m’endurcir un peu. Faudrait pas que je reste «le piton collé» sur le cerveau droit toute la semaine, quand même!


4 août 2008

Dans les prochains jours...


Je reviens aujourd’hui à un rythme «travail» après avoir passé les trois dernières semaines «en farniente»! Ce matin, après avoir répondu aux quelques urgences qui s’étaient pointées, j’ai planifié mon emploi du temps des prochains jours tout en faisant un peu de ménage dans mon bureau (virtuel et matériel). Avec Ludovia qui s’en vient, il y a une fenêtre de trois semaines qui me sépare d’un séjour en France où je prolongerai la conférence par une balade ludique et festive vers Bordeaux. Cela me mènera au 8 septembre… L’automne est déjà rempli d’événements et de mandats qui me donneront l’occasion de travailler encore davantage avec les outils du Web participatif, les communautés d’apprentissage et des projets qui visent autant à apprendre qu’à faire apprendre. Je me considère privilégié à titre d’ancien cadre en milieu scolaire de pouvoir continuer ma mission d’éducateur dans un contexte aussi éclaté me promenant dans une même semaine dans plusieurs villes/régions/pays et dans plusieurs milieux (écoles/collèges/universités/centres administratifs/entreprises/institutions/gouvernements). Cette perspective de continuer à rencontrer beaucoup de gens dans beaucoup de contextes m’enchante…

Je regarde les prochains jours avant mon départ et trois sujets me paraissent vouloir accaparer mes envies de blogueur.
  • J’aimerais bien pouvoir sauter la tenue des Jeux olympiques de Pékin du 8 au 24 août, car je suis déjà presque saturé d’entendre parler de la Chine. Mais comme j’aime les sportifs et les événements qui rallient beaucoup de monde, je sais bien que quelques billets vont porter sur le sujet. Foglia est sur déjà sur place pour nous raconter «son voyage en Chine tout doucement» et ça donne de bien belles chroniques (1, 2) qui font moins dans le cliché de la censure et de la pollution rapportées par tous les sinologues improvisés. Pour ce qui est des questions relatives aux droits de l’homme et aux filtres appliqués à Internet, laissons les Jeux débuter et une fois qu’ils se seront déroulés, on verra un peu mieux si cette décision du CIO d’octroyer cette Olympiade d’été à la Chine se sera avéré un bon coup et pourquoi/pour qui! La fête se transporte en Chine… est-ce que les gens de Pékin n’auraient pas eux aussi le droit de se réjouir pendant quelques jours? Les analyses sophistiquées viendront bien assez tôt, en septembre, et je retrouverai peut-être le plaisir de jouer au gérant d’estrade à partir de ce qui se sera passé.
  • Le politicien lambda du Québec n’arrive pas à comprendre comment les outils modernes de communication peuvent lui venir en aide dans le quotidien de son travail. J’aimerais bien pouvoir écrire quelques billets dans les prochains jours sur ce sujet de l’utilisation des nouvelles technologies pour rapprocher les gens et les décideurs politiques. Ces deux textes parus sur Libération en France (1, 2) risquent de m’inspirer tout autant que ce témoignage chez Michelle Blanc écrit par Lyro, une consultante en communications, gestionnaire de projets Internet, engagée entre autres dans Zone Grippe Aviaire.com. À remarquer que je fais partie des gens qui croient que la pire raison d’utiliser les outils du Web pour entrer dans les réseaux sociaux est «d’échapper à la tyrannie journalistique» ; je cherche encore en éducation et en politique ceux pour qui la technologie n’est pas une fin en soi, mais un bon moyen (parmi d’autres) de construire et d’animer un projet de société.
  • Le Conseil Canadien sur l’apprentissage titrait récemment qu’à partir de son analyse récente qui porte sur «la mesure dans laquelle les Canadiens disposent des outils pour répondre aux besoins de demain» nous nous dirigerions lentement (mais sûrement) «Vers un avenir axé sur l’apprentissage». Dans la foulée, je reprendrai donc ma veille quotidienne des outils et des usages qui favorisent le fait d’apprendre et je publierai bien entendu mes réflexions sur les obstacles et les opportunités qui en découlent.

Rien n’indique que les prochains mois révolutionneront le domaine des apprentissages et des nouvelles technologies, mais heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux à en témoigner sur le Web. Je tenterai donc de continuer d’hyperlier vers de nouveaux acteurs du réseau qui, d’ailleurs, se construit et s’élargit tout doucement. On me pardonnera de ne pas toujours signaler ce qu’on porte à mon attention à la vitesse où les informations m’arrivent; je prends souvent le temps de bien digérer, ce qui m’aide à discerner entre les pubs faciles et plutôt gadgets et les perles qui nous aident tous à améliorer nos compétences d’enseignants/éducateurs/administrateurs internautes.


31 juillet 2008

Alouettes de Charlesbourg: trente années de baseball et d'intensité


J’ai toujours beaucoup aimé le baseball; entre les années 1979 et 1983, ce sport a presque occupé toute la place dans ma vie d’adolescent. Selon ce que j’ai pu lire dans les m&eac